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BRUNCH Bénéfice automnal DE LA FAPAG-SECTEUR SAGUENAY-LAC ST-JEAN

3 novembre 2019

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Souvenir d'un voyageur; Eugène as-tu 400 piastres?

Cela se passait en 1978 ou 79. Mon épouse Patricia et moi faisions partie d’un groupe  voyageurs rendant visite au Père Armand et voir ses projets. Le Père Armand avait organisé un voyage à Tikal, merveilleux site archéologique maya situé au nord du pays. Le trajet se faisait par avion jusqu’à Flores, petit village situé à 60 km au sud du site, et la suite du trajet se faisait par autobus. Notre avion part de la capitale vers 7 h pour un vol de 45 minutes. Le paysage est magnifique, tout est vert au-dessous de nous, on aperçoit quelques maisons, des rivières, des lacs, une route de terre sinueuse, etc. Au bout d’un certain temps, nous apercevons une ville, puis un petit aéroport. Je demande au Père Armand : « n’est-ce pas l’aéroport de Flores? », je pense que oui, répondit-il. Je suis un peu inquiet, mais je fais confiance au Père Armand. Après dix ou quinze minutes, nous commençons à descendre et nous atterrissons en pleine jungle sur une piste de terre battue entourée d’arbres et de quelques huttes. Le pilote avait décidé d’atterrir directement à Tikal au lieu de Flores. Un peu perdus, nous descendons de l’avion, nous sommes une vingtaine de passagers. J’aperçois le Père Armand discutant à l’écart avec le pilote, la discussion semble sérieuse. Au bout de quelques minutes, le Père Armand me rejoint et me demande : « Eugène, as-tu quatre cents piastres? » Il semble frustré et après quelques secondes, j’ose lui demander : « Est-ce que je peux savoir pourquoi ? » Il me répond : « Je te le dirai plus tard ». Heureusement, j’avais cet argent sur moi. C’était un de mes premiers voyages dans ce pays. J’ai vite compris que les informations qu’on nous donne sont souvent évasives, pour ne pas dire inexactes. C’est pourquoi, par la suite, j’ai toujours essayé de prévenir ce genre de situations! Nous sommes tous inquiets de voir l’avion redécoller pour la Capitale, le pilote nous ayant promis de revenir nous chercher vers 16 h; espérons qu’il ne nous oubliera pas! Avant d’entrer dans la forêt tropicale, nous nous arrêtons dans la seule tienda (dépanneur) des environs pour prendre un rafraîchissement. Père Armand m’explique que le pilote s’est trompé, il a atterri à Tikal au lieu de Flores. S’apercevant que nous avions payé notre billet jusqu’à Flores, il s’est empressé de nous collecter la différence, même si c’était son erreur. Si non !... Notre guide nous fait visiter ce magnifique site et nous donne de multiples explications intéressantes sur les origines des immenses  constructions mayas. Tout le monde est satisfait de cette excursion. Ouf! L’avion se pointe au bout de la piste vers 16 h tel que promis. Bien sûr, le Père Armand m’a remboursé... Avec lui, on n'est jamais perdant. Quelle belle aventure…

                                                               Eugène Sergerie

La revue du Père Armand, mars 2011

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