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BRUNCH Bénéfice automnal DE LA FAPAG-SECTEUR SAGUENAY-LAC ST-JEAN

3 novembre 2019

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La construction de l’hôpital fut pour moi tout un défi

     Dès les premières années à Champerico, j’ai été frappé de voir des petits bébés qui mouraient à chaque semaine. En accompagnant ces mamans qui me demandaient de bénir leurs enfants, j’étais témoin de leur impuissance et de leur souffrance. J’étais touché profondément, car ces tout-petits mouraient des suites de maladies bénignes faute d’hygiène et de soins adéquats. L’idée de faire quelque chose pour ces enfants et leurs parents faisait son chemin, mais il y avait tellement d’embûches. Et les années passaient… J’avais remarqué un terrain au centre-ville, le seul qui était vacant. J’avais essayé d’en connaître le propriétaire. Impossible de le savoir et de plus, on me disait que le terrain n’était pas à vendre. J’ai finalement appris qu’il appartenait à la famille Montes. Cette famille faisait partie des « riches » et je les connaissais car ils venaient à l’occasion à la messe le samedi. Étant très occupé, je me disais sans cesse : « Il faut que j’aille les visiter. » Mais surprise! Ce jour-là, Mme Montes vient à la messe, je lui dis alors que je veux lui parler. J’avais dans l’idée de lui demander de nous donner le terrain. L’entretien fut très court et décevant puisqu’elle me dit que le terrain appartenait à son fils qui vivait à la capitale. Je me décide alors à aller le voir. La rencontre fut assez froide et il me dit : « Ma mère m’a parlé de votre désir de construire un hôpital, mais ce terrain était pour mon garçon, me confie-t-il. Il est décédé accidentellement. » Je suis donc reparti, déçu. Août 1982. On s’apprête à fêter le patron de notre paroisse Jésus Sauveur. On débute une neuvaine et le premier soir, j’annonce ma principale intention : trouver un terrain pour construire un hôpital pour les tout-petits. Et voilà que le dernier soir de la neuvaine, Mme Montes qui est présente, vient me voir pour m’annoncer ceci : « Quelque temps après votre visite, mon fils, en ouvrant le tiroir de son bureau, voit tomber par terre la photo de son garçon qui est décédé. Il a alors pensé à vous. Il m’a immédiatement appelé pour me dire : « Je ne vends pas le terrain, mais je le donne au Père Armand pour son hôpital. »  Quelle joie a débordé de mon cœur! Sans plus tarder, avec les fonds fournis par la Fondation, j’ai débuté la construction malgré de nombreux obstacles, mon rêve prend forme. Tout est pratiquement terminé quand, en mai 1983, ma communauté me demande d’aller servir à Rome comme conseiller du Père Général. J’ai alors quitté Champerico, le cœur gros et à la fois rempli de joie, en disant aux religieuses Capucines : “Je vous confie l’hôpital et je m’engage avec la Fondation à vous soutenir moralement et financièrement.» Depuis, nous avons toujours été là et nous fêtons cette année les 25 ans de l’hôpital. Quel miracle! La revue du Père Armand,printemps 2009

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