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| LA VOIX DE JÉSUS NAZARÉEN |
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Égypte - La liberté est mise à mal La Fondation du Père Armand a le privilège de vous offrir en primeur un article écrit le 4 novembre 2011 par Marie-Claude Lalonde, directrice nationale de l’Aide à l’Église en Détresse de retour d’une mission d’observation en Égypte. ![]() ![]() Même si L’Égypte est membre des Nations-Unies (ONU), cela ne l’empêche pas de faire piètre figure sur le plan du respect des droits de l’Homme. La liberté d’expression est mise à mal régulièrement et des blogueurs du Printemps arabe sont toujours derrière les barreaux. Bien entendu, cette situation affecte la liberté de religion pourtant garantie par l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme – document fondateur de l’ONU. Malheureusement, l’Égypte n’est pas une exception. Plus de 15 % des membres de l’ONU bafouent les droits des chrétiens, soit par de la discrimination, soit par des arrestations et des tortures. En Égypte, c’est depuis le président Nasser (1952) que les discriminations se font sentir. Par exemple, pensons aux chrétiens qui doivent obtenir un permis pour bâtir une église, alors que les musulmans, eux, peuvent installer leurs mosquées presque partout et sans le moindre permis; à ces autres chrétiens à qui des postes clés de l’administration ne sont jamais attribués; à ces filles chrétiennes à qui on veut faire porter le voile; ou encore à ces écolières, non-musulmanes comme musulmanes, qui doivent réciter des versets du Coran chaque matin. Il serait aisé de croire que seuls les chrétiens sont victimes de discrimination et de persécution. Pourtant d’autres groupes sont visés, notamment les Baha’i, les Bédouins du Sinaï, les Soufis et les Nubiens. Depuis que l’armée a dispersé de manière violente une manifestation des Coptes (catholiques et orthodoxes) – à laquelle participaient aussi des musulmans – à Maspero (Caire), le 9 octobre dernier, les chrétiens ne se sentent plus en sécurité. (Rappelons que cette manifestation a fait 27 morts et plus de 200 blessés.) Rester ou partir? ![]() Dans de telles circonstances, beaucoup veulent quitter le pays. D’ailleurs ils pourraient être des milliers à être déjà partis. L’exode des chrétiens du Moyen Orient se poursuit sans que l’Occident ne dise un mot. C’est pourquoi l’Église joue un rôle social si important en gérant des écoles, en s’occupant des handicapés, en tenant des dispensaires, en donnant du microcrédit, en faisant de la formation professionnelle. Si l’Église est présente auprès des chrétiens, elle l’est tout autant pour les musulmans qui peuvent bénéficier de ces services. La situation égyptienne ne s’explique pas par un conflit interreligieux. La plupart des événements violents des derniers mois ont pour source un conflit politique, un conflit de clans ou encore la circulation de fausses informations. Dans ces cas, la religion devient un prétexte pour mobiliser les groupes et provoquer des affrontements. Il y a des zones de lumière parmi toutes ces difficultés. À titre d’exemple, cette église construite par des catholiques épaulés par des musulmans résidant dans le même village; ou ailleurs ces familles chrétiennes hébergeant d’autres familles ayant perdu leurs maisons qui ont été incendiées; ou encore ces musulmans et ces chrétiens s’alliant pour contrer les salafistes qui ne sont jamais bien loin. De nouvelles écoles ouvrent, et ce, aux différents groupes religieux, pour qu’ainsi la méfiance tombe. Grandir ensemble, c’est souvent permettre à l’esprit de s’ouvrir et s’offrir un futur commun. Qu’attendent de nous les Coptes? D’abord, de prier pour eux et avec eux et ensuite de cesser de nous taire et de dénoncer au niveau international leur situation pour que le monde sache, enfin, qu’ils ont besoin de notre soutien financier pour maintenir la vitalité de cette petite communauté de 250 000 catholiques coptes. SURPLUS DE TRAVAIL ET DE DÉPENSES : UNE ÉPIDÉMIE
AFFECTE LA SANTÉ DÉJÀ FRAGILE DES PETITS ![]() En juillet dernier, Sr Rosa a observé que plusieurs petits patients avaient de la fièvre et que deux d’entre eux souffraient de diarrhée et de vomissements. Les enfants non affectés ont été retournés dans leur famille et l’hôpital est passé en mode « urgence ». Des tests en laboratoire ont permis de déterminer que les enfants souffraient de la bactérie E. Coli dont la présence est normale dans l'intestin humain, mais lorsque présente en trop grande quantité est extrêmement dangereuse pour les petits patients dont le système immunitaire est déjà très affaibli. Les résultats des tests ont confirmé que la bactérie était hautement résistante. Heureusement, le médecin a posé le bon diagnostic et prescrit le bon traitement dès le début de l’infection. Chaque religieuse, en particulier Sr Rosa, et tous les membres du personnel ont vécu une période de grande tension et d’angoisse. Heureusement, tous les enfants infectés vont mieux. Toutefois, puisque les routes étaient gravement endommagées en raison des pluies*, seulement 16 bébés sur les 24 actuellement admis ont pu revenir à l’hôpital afin de poursuivre leur traitement. Une telle épidémie engendre un surplus de dépenses imprévues : achat de médicaments, solutés, couches jetables, coûts additionnels en temps supplémentaires et frais pour la désinfection de l’hôpital. Sr Rosa a dû donner une formation particulière au personnel soignant; les exigences de propreté ont été haussées, dont la nécessité de bien se laver les mains pour empêcher la contamination. Il faut prendre conscience qu’un bébé souffrant de problèmes de malnutrition se refait une santé lentement, mais difficilement. Lorsqu’un bébé contracte une maladie, il perd rapidement le poids acquis, ce qui nécessitera plusieurs mois supplémentaires d’hospitalisation avant qu’il atteigne un poids normal et qu’il puisse retourner dans sa famille en bonne santé. Par ailleurs, Sr Rosa nous informait que grâce aux réparations apportées au bâtiment en janvier 2010 tout le monde était en sécurité et au sec à l’hôpital. *Au début octobre, le gouvernement du Guatemala déclare le pays en état d’urgence, les pluies diluviennes ont causé de nombreux débordements des cours d’eau et des torrents de boue ont également provoqué des dégâts considérables. Le dernier bilan de cette catastrophe s’élève à 34 morts et près de 500 000 sinistrés. ![]() ![]() | |