Éditoriaux 2008


Éditorial Printemps


Cher(ère)s ami(e)s, bienfaiteur(trice)s,
Aujourd’hui, c’est par une citation du pape Benoît XVI que je commencerai : « Le christianisme est la religion de L’ESPÉRANCE; espérance en la vie, dans le bonheur de chaque jour et dans l’accomplissement de la fraternité entre tous les hommes. » L’espérance c’est « d’avoir la certitude », tandis que l’espoir c’est « être en attente ». L’espérance ne se brise pas car elle est le chemin et non le but à atteindre. L’espérance change l’angle par lequel on entrevoit toute chose, elle change notre regard qui se fixe dans le présent.
L’espérance en la vie.
De nos jours, le droit à la vie est de plus en plus menacé. Nous pensons à plusieurs pays tant en Amérique latine qu’en Israël ou en Palestine, où l’on tue facilement pour le pouvoir, l’argent, le prestige. Puis dans nos sociétés dites civilisées, n’avons-nous pas banalisé le droit à la vie d’un enfant à naître, d’un grand malade, des personnes âgées ou de celles vivant avec un grand handicap?
Avons-nous assez d’espérance pour entrevoir de la vie dans toutes situations et dans toute personne? Ne sommes-nous pas appelés en tant que chrétiens à être des défenseurs de la vie, des porteurs de vie? L’espérance dans le bonheur de chaque jour. Nous sommes assaillis par de mauvaises nouvelles de toutes sortes et pourtant nous sommes appelés au bonheur.
Mais quand on change notre regard, on peut alors voir à travers des situations difficiles, des pousses d’humanité, de bonté et cela est la source d’une joie qui ne s’éteint plus. Que dire de Mgr Kong que j’ai rencontré en Chine, vivant en résidence surveillée et qui souriait malgré des années passées en prison au nom de Jésus Christ, quel porteur de joie!
L’espérance dans une fraternité possible entre les hommes. Nous connaissons tous des situations difficiles que vivent nos frères et sœurs, qu’il s’agisse d’oppression, de manque du nécessaire ou du droit fondamental à la dignité humaine. Et à cela j’entends souvent dire:« Qu’est-ce qu’un petit geste pourrait changer? »Je réponds: tout. Oui, car si petit soit-il, ce geste est porteur d’espérance pour celui qui le reçoit. Jésus ne s’attardait-il pas à chaque personne pour elle-même? Elle devenait lumière pour les autres, porteuse de vie.
En ce temps du carême qui nous amène à Pâques, je souhaite que vous soyez des porteurs et porteuses d’espérance dans vos milieux et qu’ainsi la Résurrection du Seigneur resplendisse de par toute la terre.
Je vous bénis et portez la Vie aux autres.


Père Armand Gagné,
Trinitaire


Éditorial Automne


Cher(ère)s ami(e)s, bienfaiteur(trice)s,
Depuis juin 2008, nous sommes entrés dans l’année jubilaire de la naissance de St-Paul, proclamée par Benoît XVI. Apôtre de la « Parole » qu’il porta au-delà de toutes frontières et aussi premier persécuteur des chrétiens, demandons-nous qui est Paul ? Apôtre parfois contesté pour ses propos, portons un regard neuf sur Paul.
Paul est né à Tarse en Cilicie, l’actuelle Turquie. C’est un juif de naissance, qui fit ses premiers pas dans une culture grecque. Très jeune, il est parti pour Jérusalem où il grandit et fit ses études à l’école de Gamaliel reconnue comme très stricte par sa doctrine. De plus, grâce à sa ténacité et à ses exploits dans l’armée, il devient citoyen romain. L’éducation de Paul qui est multiculturelle fait de lui un homme de grande ouverture.
Paul vit dans une société en recherche où les Romains sont omniprésents et la religion en crise. Paul est un homme entier et authentique qui parle au nom de la vérité. Et comme la vérité qu’il avait apprise était celle de la Loi juive de Moïse, il ne peut adhérer à la Loi d’amour proposée par Jésus Christ. Ce Jésus d’ailleurs que Paul n’a jamais rencontré de son vivant puisque Paul était plus jeune que le Christ .C’est donc en croyant fermement qu’il faisait le bien, qu’il deviendra l’un des premiers persécuteurs des chrétiens. Paul était d’ailleurs présent lors de la lapidation d’Étienne, premier chrétien persécuté au nom de sa foi.
Mais Dieu l’attendait. C’est en chemin pour aller persécuter des chrétiens, qu’il sera jeté par terre, ébloui par une lumière. Puis il entendit une voix : « Saul, Saul pourquoi me persécutes-tu ? » et lui de répondre « Qui es-tu Seigneur ? » « C’est moi, Jésus que tu persécutes. » Ne voyant plus rien, il est conduit dans la ville de Damas où on lui imposera les mains. C’est là, qu’il sera rempli de l’Esprit Saint et qu’il recouvrera la vue.
Rencontré par Jésus, se sachant maintenant aimé de Dieu, toute sa vie est transformée ! Dès lors, il va aimer et c’est à la folie qu’il va aimer mais à la manière de Jésus. Dieu est le Dieu de l’impossible puisqu’il s’est servi d’un persécuteur pour en faire son apôtre le plus fervent.
« Prions Paul, lumière des nations et notre maître à tous afin qu’il nous donne aujourd’hui des témoins de la résurrection, touchés par l’amour de Dieu et capables d’apporter la lumière de l’Évangile dans notre temps. Amen » Benoît XVI.


Père Armand Gagné,
Trinitaire



Nouvelles 2008
Nouvelles Printemps


Deux infirmières québécoises à Champérico

Au moment de cette parution, Céline et Agathe travaillent à l’hôpital pour enfants de Champérico au Guatemala. Elles sont parties jeudi le 7 février, apportant parmi leurs nombreux bagages deux contenants de médicaments de Santé Canada. Voici leurs premiers commentaires directement de là-bas :
«Après 7 heures de vol et 6 heures d'autobus pour parcourir 222 km nous arrivons enfin à Champérico. Oups! l’autobus ne peut pas nous amener à l’hôpital… la rue est trop étroite. On prend donc un taxi pour 2 personnes (un tricycle c'est le taxi du pays) et on y charge tous nos bagages et nous... nous marchons derrière le taxi jusqu'au centre de nutrition.
Sr. Rosa nous accueille avec beaucoup de chaleur et de gentillesse et nous présente tout le personnel. Samedi le 9 février, nous nous présentons pour notre premier quart de travail de 8h00 à 12h30. Les petits sont déjà lavés et habillés. Il est temps de leur servir à déjeuner. Certains mangent seuls. Après le déjeuner, nous vérifions les couches et prenons la température. C'est l'heure de mettre les souliers pour ceux qui marchent ou qui vont dans la marchette, le tout, entrecoupé d'un peu d'animation. Par la suite, nous servons jus de fruits, bananes écrasées, vitamines en liquide.
Les bébés ayant de la fièvre ont la tête enveloppée d'un linge mouillé d'eau froide et nous les installons sous le ventilateur ...quand on a de l'électricité.
À l'hôpital, les enfants sont très bien traités, tous sont de bonne humeur, propre, bien nourris. Les aides jouent beaucoup avec eux, ils ne semblent pas s'ennuyer de leurs parents. Notre espagnol s'améliore.» À la prochaine,
Agathe et Céline







ILS PRÉPARENT LEUR AVENIR

Neuf étudiants bénéficiant d’une bourse d’études ont obtenu leur diplôme en octobre 2007. L’année scolaire a débuté en janvier au Guatemala. Une sélection de 36 étudiants de Champérico et de Totonicapan a été faite et nous soutenons financièrement ces élèves pour qu’ils puissent réaliser leurs rêves; entreprendre ou continuer leurs études pour apprendre un métier et ainsi améliorer leur vie, celle de leur famille et leur communauté.
Pour compléter une année scolaire, chaque étudiant a besoin d’une BOURSE D’ÉTUDES d’environ 750 $ qui servira à payer; les frais scolaires, le coût des livres, le transport, et, selon le besoin, la pension.







UN GÉNÉREUX DON DE 700 BELLES ROBES

Le Dr Alberic Guay dentiste, discute avec son ami Daniel T. de son projet de voyage au Guatemala. Un voyage en partie touristique, mais surtout consacré à donner des soins dentaires bénévolement à la population dans le besoin.
Daniel est propriétaire d’un atelier de couture situé en Beauce. Il est tellement touché par la situation des enfants soignés à l’hôpital pour des problèmes de malnutrition et par la pauvreté de la population de Champérico qu’il prend la décision de faire un don de 700 belles petites robes fabriquées dans ses propres ateliers. Vous pouvez admirer ci-contre Martine, hygiéniste dentaire, en compagnie de Marysol, toute fière de montrer sa nouvelle robe.
Chacun de ces gestes de générosité adoucit la vie de tous ces enfants qui vivent dans la pauvreté. Merci Daniel pour ta grande générosité.



























LE NOUVEAU VISAGE DES PERSÉCUTIONS ANTICHRÉTIENNES

Le XXe siècle a fait plus de martyrs chrétiens que les dix-neuf siècles précédents. Thomas Grimaux signe « Le livre noir des nouvelles persécutions antichrétiennes » paru en novembre 2007. Thomas Grimaux a voyagé pendant de nombreuses années dans des pays en guerre ou en persécution : il parle en homme de terrain, de fait concret et réel. Lui qui a aussi scruté la logique interne et les filiations de différents textes « antichrétiens », nous entretient sur ce nouveau visage de la persécution.
Pour lui, il ne peut y avoir de paix profonde, sans justice. C’est-à-dire sans vérité. Et cette vérité est : que les persécutions existent et que l’Église a été, et sera persécutée, tant qu’elle annoncera la Foi. Le livre noir des nouvelles persécutions antichrétiennes nous révèle un visage nouveau des persécutions actuelles qui diffèrent de celles d’autrefois par leur ampleur : ampleur des chiffres, ampleur géographique, ampleur des moyens utilisés.
Dans les premiers siècles, on comptait quelques dizaines de milliers de chrétiens persécutés; aujourd’hui, il faut les chiffrer en centaines de millions. Dans les premiers siècles, les agressions étaient limitées à quelques pays; aujourd’hui, pas un continent n’est à l’abri. Quand, dans les premiers siècles, on se « limitait » à crucifier, à pendre ou à jeter aux lions; aujourd’hui, on utilise les moyens « sophistiqués » de la manipulation individuelle et de la manipulation de masse, et cela, dans tous les domaines de la vie (judiciaire, économique, médiatique, politique, militaire…)
Mais surtout, il y a aujourd’hui une autre nouveauté. Avant, la persécution pouvait être l’œuvre d’un dictateur fou. Aujourd’hui, la persécution trouve son origine dans une pensée structurée : on persécute parce qu’on le veut, parce que c’est un but, politique ou religieux. On persécute au nom d’un État, d’une doctrine, d’une « religion ». Dès lors, la persécution devient institutionnelle.
Ainsi donc, on ne peut plus prendre les nouvelles persécutions comme des actes isolés, mais il faut les voir comme autant d’éléments d’une stratégie mise en place, organisée, structurée pour éliminer les chrétiens. Cette nouvelle forme de persécution est sournoise, elle s’infiltre progressivement dans les domaines juridique, médiatique, scolaire, économique et prépare ainsi le terrain à une persécution violente (incendies d’églises, exils forcés, agressions physiques, meurtres), et ce, partout sur la planète. On n’a qu’à penser aux faits suivants :
Irak: Assassinat de 2 chrétiens, 1 prêtre chaldéen, 3 diacres.
Pakistan: Assassinat de l’évêque protestant Arif Khan et son épouse. Gaza: Meurtre du propriétaire d’une librairie chrétienne.
Vietnam: Répression des activités de l’église catholique.
Égypte: Meurtres de 2 jeunes coptes.
Turquie: Attaque lancée contre une maison d’édition chrétienne. Trois morts.
Chine: Les autorités répriment les manifestations religieuses chrétiennes.
Mais quel que soit le visage que prend la persécution, il faut garder à l’esprit que des hommes et des femmes, habités par la grâce, souffrent quotidiennement de leur fidélité à Jésus.
Et l’histoire de la persécution se répète, on la relit à la lumière de la vie de Jésus? Car Jésus n’a-t-il pas été le premier persécuté à cause de sa foi? Déporté en Égypte à sa naissance? N’a-t-il pas été victime de sévices physiques et d’une persécution organisée tant par les grands prêtres et les chefs de ville pour être crucifié et mourir au nom de sa foi en Dieu? Alors, nier l’existence de la persécution, ne serait-ce pas nier la vie de Jésus lui-même?
Sachant ces faits, nous sommes appelés à dénoncer toute forme de persécution et à prier pour nos frères et sœurs qui de par le monde restent fidèles au Christ. Mais il faut aussi prier pour leurs bourreaux, car « ils ne savent pas ce qu’ils font. »





J’AI ÉTÉ TÉMOIN DE PERSÉCUTIONS…

J’étais au Soudan, lorsqu’un séminariste des Pères Blancs a été kidnappé à sa sortie de l’autobus lors d’une visite qu’il faisait à des immigrés de la guerre. Quatre hommes se sont emparés de lui en le forçant à monter dans une auto, les yeux bandés. Durant deux jours, aucune nouvelle de lui.
Séquestré dans l’auto durant tout ce temps, on l’a bombardé de questions sur son travail, le sommant de cesser d’aider les gens et de leur parler de Jésus Christ. Le couteau sous la gorge, on l’a menacé de l’exécuter s’il ne quittait pas le pays. Puis en pleine nuit, les yeux toujours bandés, ses ravisseurs l’ont abandonné à 20 km de toute civilisation. C’est un bon samaritain, qui a pris le risque de le ramener chez les Pères Blancs.
Lorsque je suis allé le visiter, il était brisé, sans parole, les yeux hagards. Ils sont des centaines de chrétiens qui souffrent au nom du Christ. Ils n’ont pas de travail à cause de leur foi , souvent ils vivent clandestinement, on les chasse.
Tous ces chrétiens persécutés ne nous demandent qu’une chose : de prier pour eux, de ne pas les oublier afin de demeurer fidèles à leur foi au Christ.
Père Armand Gagné

La Voix Jésus-Nazaréen, Mars 2008


Nouvelles Automne


Brendon subvient seul aux besoins de sa famille... en pédalant.

Brandon a 14 ans, il ne va plus à l’école. Son père l’a abandonné ainsi que ses deux jeunes soeurs. Sa mère reste à la maison pour s’en occuper.
Brandon gagne sa vie en transportant des passagers pour la modique somme de 2 quetzals soit environ 30 ¢. Sa bicyclette a trois roues et est équipée d’un banc à deux places recouvert d’un parasol . C’est le taxi local à Champerico, un cyclo. Combien de temps Brendon pourra-t-il faire ce travail sans que sa santé n’en soit affectée? Malgré tout, il est toujours souriant et amical avec ses passagers. Il fait confiance à la vie.
La première fois que j’ai utilisé ce mode de transport, il faisait très chaud et c’était humide comme en période de canicule au Québec. Le chauffeur peinait tellement sous l’effort qu’il avait une respiration courte et saccadée d’asthmatique, il râlait. Je voulais descendre tant l’effort de l’homme me mettait mal à l’aise. Il a insisté pour me conduire à destination en me disant que tout était correct. Il avait son orgueil et aussi besoin de gagner sa vie.
Après une journée de ce travail harassant, tout le salaire durement gagné est dépensé jusqu’à la dernière cent. À chaque début de journée, aucun conducteur de cyclo n’a de monnaie.
Pendant quelques instants, imaginez-vous pousser un cyclo avec le poids de passagers sur un sol boueux durant la saison des pluies.
Odette D





José et sa soeur sont maltraités et privés de nourriture...






Aider un enfant peut prendre différentes formes.






Une journée à l’hôpital de Champerico.






Dentistes Sans Frontières pour la seconde fois à Champerico.






POURQUOI LES CHRÉTIENS SONT-ILS PERSÉCUTÉS?






Une église sans croix ni clocher.






Faites la connaissance des nouveaux membres du conseil d’administration de la Fondation.



La Voix Jésus-Nazaréen, Automne 2008



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