Éditoriaux 2005
Décembre 2005
Cher(ère)s ami(e)s, bienfaiteur(trice)s,
Une nuit, dans un petit village appelé Bethléem, une voix au-dessus d'une grotte se fit entendre : « Je viens vous annoncer une grande joie...il vous est né aujourd'hui un Sauveur qui est le Christ Seigneur. » (St. Luc 2,10) Dans les auberges et les chaumières, il y avait des hommes et des femmes qui festoyaient, buvaient et s'amusaient, le coeur en fête. Trop occupés, ils n'avaient pas remarqué une jeune femme enceinte et son époux qui cherchaient un abri pour la nuit.
Quand je suis allé en Israël, il y a plusieurs années, alors que je faisais avec notre groupe le chemin de la croix sur les
pas de Jésus, à Jérusalem, j'avais été distrait par les passants qui parlaient, qui achetaient, qui marchandaient et d'autres qui vaquaient à leurs occupations. Je vivais, avec mon groupe, des beaux moments privilégiés en nous laissant interpeller par les souffrances de Jésus. Eux nous ignoraient.
Dans quelques jours, nous allons vivre "NOEL". Nous sommes en grands préparatifs, nous sommes préoccupés à savoir si nous allons réussir à tout faire avant le jour de NOEL cette fête de la paix, des enfants, de la réconciliation, des rencontres familiales, des échanges de cadeaux, ... nous sommes tous occupés. Est-ce que nous allons ignorer celui que l'on fête JESUS? Allons-nous oublier JESUS?
Je m'adresse à vous tous et toutes qui croyez en Jésus. Plus que jamais nous avons besoin de lui faire une place dans notre coeur. N'est-ce pas que l'on passe à côté de l'essentiel! Je ne vous apprends rien en vous disant qu'il n'y a pas beaucoup de place pour Dieu dans nos vies, dans notre société. Le Grand Jean-Paul II nous disait : « Nous construisons un monde sans Dieu. » Pourquoi ne pas profiter de ces jours merveilleux qu'est le temps des FETES pour témoigner de notre foi, faire un retour sur notre foi? Pourquoi ne pas faire UN EFFORT pour visiter en silence une Eglise, retourner à la messe de NOEL, inviter vos frères et sœurs, vos amis(es) à venir avec vous pour connaître Jésus, parler de votre foi. N'ayez pas peur de partager ce que vous vivez. Nous sommes libres. Vous savez que dans beaucoup de pays les chrétiens n'ont pas la facilité que nous avons de vivre leur foi. Nous avons besoin de témoins. Jésus est vivant. NOEL est le moment privilégie pour parler de LUI car nous le retrouvons Enfant, c'est facile de l'approcher. Mon souhait, je prie à cette intention, c'est que vous soyez touchés par JESUS.
J'attire votre attention sur ce que vivent nos frères et soeurs en Chine. N'oubliez pas non plus ce que l'ouragan Stan a détruit au Guatemala. Lisez nos informations. C'est important de partager, partager c'est dire merci.
Mes voeux pour NOEL et pour la NOUVELLE ANNÉE : "rencontrer Jésus, Il changera votre vie". Je vous bénis en ce début d'année.

Père Armand Gagné,
TrinitaireLa Voix Jésus-Nazaréen, Décembre 2005
Septembre 2005
Cher(ère)s ami(e)s, bienfaiteur(trice)s, Où allons-nous?
On ne peut ignorer ce qui s'est passé à Cologne, en Allemagne dimanche le 21 août lors de la clôture des JMJ. II y avait un million de jeunes de 193 pays venu écouter le message du Pape Benoit XVI. Je retiens pour vous certaines paroles du Saint-Père s'adressant à tous ces jeunes et analysant la situation du monde actuel.
"Dans de vastes parties du monde, il existe aujourd'hui un étrange oubli de Dieu, constate le pape dans son homélie, et en même temps, il existe aussi un sentiment de frustration, d'insatisfaction de tout et de tous". On ne peut alors s'exclamer: "Il n'est pas possible que cela soit la vie! Et même en observant l'oubli de Dieu, il existe dans de telles manifestations, un renouveau, un regain de foi", explique le pape. "Cela doit se manifester dans la vie, cela doit se voir dans la capacité de pardonner, cela doit s'afficher dans la sensibilité aux besoins de l'autre, cela doit s'exprimer dans la disponibilité à partager, cela doit se prouver dans l'engagement envers le prochain, celui qui est proche comme celui qui est extérieurement loin, mais qui nous regarde toujours de près".
Ici au Québec, il ne faut pas se le cacher, nous vivons une période très difficile. Récemment, lors d'entrevues télévisées, deux psychiatres, Jacques Voyer et Gilbert Pinard ont brossé la situation religieuse au Québec en soulignant entre autres que nous avons perdu les valeurs profondes qui nous guidaient. Nous avons le plus haut taux de suicides au monde, un mariage sur trois est un échec, le taux de natalité est actuellement au plus bas, un grand nombre de travailleuses et de travailleurs vivent une alarmante insécurité.
Je ne suis pas pessimiste de nature mais cela fait réfléchir. Les jeunes ont tout essayé, mais ils n'ont rien trouvé qui les satisfait. Cette rencontre du pape avec toute cette jeunesse à Cologne en surprend plusieurs. On se rend compte que les jeunes ont soif de Dieu. Nous, les adultes, les aînés, nous avons peur de parler de Dieu, nous sommes gênés de leur parler de Jésus. Il faut se poser de vraies questions.
Le cri des jeunes autour du pape en Allemagne est un cri d'espérance. Les jeunes ne veulent plus de cette liberté qui les détruit. Ils veulent retrouver les valeurs qui donnent un sens à leur vie. Je termine par ces interpellations du pape aux jeunes, elles s'adressent aussi à nous tous: "Laissez-vous surprendre par le Christ! Accordez-Lui le droit de vous parler! Ouvrez les portes de votre liberté à Son amour miséricordieux!
A tous les jeunes, bonne année scolaire, à vous tous et toutes bonne reprise des activités. Je vous bénis,

Père Armand Gagné,
TrinitaireLa Voix Jésus-Nazaréen, Automne 2005
Cher(ère)s ami(e)s, bienfaiteur(trice)s, Où allons-nous?
On ne peut ignorer ce qui s'est passé à Cologne, en Allemagne dimanche le 21 août lors de la clôture des JMJ. II y avait un million de jeunes de 193 pays venu écouter le message du Pape Benoit XVI. Je retiens pour vous certaines paroles du Saint-Père s'adressant à tous ces jeunes et analysant la situation du monde actuel.
"Dans de vastes parties du monde, il existe aujourd'hui un étrange oubli de Dieu, constate le pape dans son homélie, et en même temps, il existe aussi un sentiment de frustration, d'insatisfaction de tout et de tous". On ne peut alors s'exclamer: "Il n'est pas possible que cela soit la vie! Et même en observant l'oubli de Dieu, il existe dans de telles manifestations, un renouveau, un regain de foi", explique le pape. "Cela doit se manifester dans la vie, cela doit se voir dans la capacité de pardonner, cela doit s'afficher dans la sensibilité aux besoins de l'autre, cela doit s'exprimer dans la disponibilité à partager, cela doit se prouver dans l'engagement envers le prochain, celui qui est proche comme celui qui est extérieurement loin, mais qui nous regarde toujours de près".
Ici au Québec, il ne faut pas se le cacher, nous vivons une période très difficile. Récemment, lors d'entrevues télévisées, deux psychiatres, Jacques Voyer et Gilbert Pinard ont brossé la situation religieuse au Québec en soulignant entre autres que nous avons perdu les valeurs profondes qui nous guidaient. Nous avons le plus haut taux de suicides au monde, un mariage sur trois est un échec, le taux de natalité est actuellement au plus bas, un grand nombre de travailleuses et de travailleurs vivent une alarmante insécurité.
Je ne suis pas pessimiste de nature mais cela fait réfléchir. Les jeunes ont tout essayé, mais ils n'ont rien trouvé qui les satisfait. Cette rencontre du pape avec toute cette jeunesse à Cologne en surprend plusieurs. On se rend compte que les jeunes ont soif de Dieu. Nous, les adultes, les aînés, nous avons peur de parler de Dieu, nous sommes gênés de leur parler de Jésus. Il faut se poser de vraies questions.
Le cri des jeunes autour du pape en Allemagne est un cri d'espérance. Les jeunes ne veulent plus de cette liberté qui les détruit. Ils veulent retrouver les valeurs qui donnent un sens à leur vie. Je termine par ces interpellations du pape aux jeunes, elles s'adressent aussi à nous tous: "Laissez-vous surprendre par le Christ! Accordez-Lui le droit de vous parler! Ouvrez les portes de votre liberté à Son amour miséricordieux!
A tous les jeunes, bonne année scolaire, à vous tous et toutes bonne reprise des activités. Je vous bénis,

Père Armand Gagné,
TrinitaireLa Voix Jésus-Nazaréen, Automne 2005
Juin 2005
Cher(ère)s ami(e)s, bienfaiteur(trice)s,
Le Pape est mort ! Vive le Pape ! Vive Benoît XVI.
"Je suis un pauvre serviteur dans la vigne du Seigneur", paroles de Benoît XVI, "J'ai demandé au Seigneur de ne pas être choisi." Voilà sa grandeur d'âme...
J'ai personnellement travaillé huit ans à Rome. J'ai rencontré des cardinaux, des évêques, des théologiens, des supérieurs généraux, des supérieures générales. Je dois vous avouer que je me sentais bien petit devant toutes ces personnes extraordinaires, brillantes qui avaient un grand amour pour l'Église. Quelle belle expérience vécue pendant ces années!
Croyez-le ou non, j'ai croisé à plusieurs reprises dans les rues près du Vatican notre nouveau Pape. Il nous saluait avec un large sourire. J'ai assisté à plusieurs de ses conférences. J'ai lu beaucoup de ses livres. C'est un homme profond et aux idées claires. Le cardinal Joachin Meisner, archevêque de Cologne en Allemagne, dit ceci en parlant de notre nouveau Pape. "Je le connais depuis 35 ans, il est intelligent comme 12 professeurs et dévot comme un premier communiant".
Au Conclave, les 115 cardinaux, étaient conscients du fait qu'ils devaient choisir, avec l'aide de l'Esprit Saint, celui qui devait gouverner le un milliard cent millions de catholiques. Quand ces cardinaux de races et de cultures différentes se mettent d'accord lors du quatrième scrutin, c'est que l'Esprit Saint agit. On ne vote pas par sympathie ou proximité de culture; c'est l'Esprit qui parlait.
Quand j'entendais des remarques désobligeantes sur le nouveau Pape, j'étais très triste. Quand cela venait des gens de l'extérieur de l'Église, je passais, mais quand cela venait des catholiques eux-mêmes, je me disais POURQUOI être si critiques et négatifs. A ceux et celles qui ont mal accueilli Benoît XVI, je répète les paroles même du Pape: Priez pour moi et aidez-moi, Je vous demande, chers amis, de prier pour le pape tous les jours et de témoigner de votre amour pour notre Église.
A tous les jeunes qui vont. bientôt terminer l'année scolaire: Bonnes vacances ! Plusieurs jeunes font des expériences de vie en séjournant durant quelques semaines ou quelques mois dans des pays en développement. Continuez à le faire, faites-en un de vos projets, ce sont des expériences de vie uniques et bénéfiques.
On a besoin de vous! Bonnes vacances à tous!

Père Armand Gagné,
TrinitaireLa Voix Jésus-Nazaréen, Été 2005
Mars 2005
Cher(ère)s lecteur(trice)s, bienfaiteur(trice)s,
Je vous assure qu'actuellement, les nouvelles ne manquent pas. Nous sommes assaillis de tout bord et de tout côté mais les bonnes nouvelles sont rares. Jacques Grand'maison a écrit un livre où if parle de Jardin secret aux appels de la vie ". C'est de ce jardin secret que je désire vous parler aujourd'hui.
Le jardin secret c'est ce qui est au plus intime de soi-même, je le découvre quand je fais le silence en moi. Est-ce possible de faire silence? Nous avons peur du silence! Comment pouvons-nous avoir des idées claires si nous ne prenons pas le temps de nous arrêter? Comment pouvons-nous poser des gestes d'engagement? Comment pouvons-nous parler sans écouter ce que nous avons en nous?
Souvent les gens me disent; le Seigneur ne me répond pas Est-ce que vous l'écoutez? Oui le Seigneur parle dans l'intimité de notre coeur. Jésus a vécu trente ans en silence à Nazareth puis il a commencé à parler et à enseigner. C'est dans le silence que je découvre la présence de Dieu.
Depuis que je suis aumônier dans un hôpital et que je suis en contact avec de grands malades, j'ai appris tant de chose sur le jardin secret des êtres. Pourquoi pensez-vous que souvent à l'hôpital, il y a un changement radical dans leur vie: c'est le silence qui leur permet d'entrer dans le jardin secret. Je connais beaucoup de personnes qui vont à l'église dans la journée pour se retrouver. Nous avons besoin de faire le vide plus que jamais. Il faudrait même que dans nos célébrations religieuses, qu'il y ait plus de moments de silence.
Dans une société qui fonctionne sans la présence de Dieu, Il se présente gratuitement plus que jamais. Dieu est de moins en moins prévisible, de moins en moins classable " dit Paul Valadier. C'est pourquoi il ne faut pas se surprendre de la diversité des cheminements dans la foi. Après avoir entendu Dieu, il faut lui répondre par nos engagements. Je vous le redis, allez visiter votre jardin secret! Soyez courageux! Défendez votre liberté, vos opinions.
Je vous invite à lire attentivement les quatre grands défis de l'humanité dans Dossier ". N'oubliez pas tous les projets que nous avons.
Que la joie pascale vous habite et vous donne beaucoup de bonheur.
Le Christ est ressuscité, soyons heureux! Alléluia!

Père Armand Gagné,
TrinitaireLa Voix Jésus-Nazaréen, Printemps 2005
Nouvelles 2005
Décembre 2005

PERSÉCUTION OU LIBERTÉ RELIGIEUSE?
QUEL AVENIR POUR LES CHRÉTIENS DE CHINE?
Trois semaines d'immersion totale en Chine, en contact direct avec les multiples visages de cet immense pays. C'est l'expérience qu'a vécue l'été dernier Gerolamo Fazzini, codirecteur de la revue italienne "Monde e Missionne". Voici quelques extraits de cet entretien.
Q. Comment voyez-vous la situation des chrétiens en Chine? Qu'est-ce qui prédomine selon vous, l'optimisme ou le découragement?
R. En visitant la Chine j'ai eu l'impression que l'espérance et la désillusion cohabitent, de même que le « bon grain » de la vitalité de l'Église et l ' « ivraie » du contrôle politique, perceptible de manière différente selon le moment et le lieu (mais il n'a pas renoncé à la prétention de «gouverner» le fait religieux) et les tensions internes dans les communautés chrétiennes, qui ne manquent pas non plus.
Q. Deux faits contradictoires ont eu lieu ces dernières semaines : d'abord le refus du gouvernement de laisser participer les quatre évêques chinois, invités par le pape Benoît XVI, au synode, puis l'annonce, faite par la supérieure des Missionnaires de la Charité, de la décision du gouvernement d'inviter les soeurs de Mère Teresa à entrer en Chine, un rêve bercé pendant longtemps par la fondatrice. Comment faut-il lire ces deux faits aussi opposés?
R. Il faudrait être dans la salle des commandes pour
comprendre la dynamique interne du pouvoir. Je me
limite à faire remarquer que des signes aussi
contradictoires et énigmatiques confirment le fait
que quelque chose bouge, même s'il est difficile de
s'aventurer à faire des prévisions. Personnellement
je suis confiant, étant donné que Celui qui guide
l'histoire est l'Imprévisible en personne.
Q. Et les catholiques chinois? On parle souvent de «deux Églises ». Quels sont les relations entre elles?
R. La situation de l'Église catholique, on le sait, est très particulière en Chine. Il existe deux communautés (non pas deux Églises; l'Église est la même, celle du Christ) : d'une part la communauté officielle, qui se réfère à l'Association patriotique des catholiques chinois (Apcc), d'autre part celle que l'on appelle de manière impropre la communauté «clandestine », qui ne reconnaît pas l'autorité de l'Apcc. La nouveauté de ces derniers temps est qu'il y a de part et d'autres des personnes qui œuvrent pour la réconciliation, pour surmonter l'impasse.
S'il est vrai que la communauté clandestine est celle qui est la plus touchée par la persécution explicite, il ne faut pas se dire que pour la communauté officielle la situation n'est pas rose non plus. Ses activités sont également soumises à des restrictions, comme toute autre présence religieuse en Chine. En réalité il y a des éléments communs aux fidèles des deux communautés, même s'ils n'en sont pas affectés de la même manière : la pénurie de moyens, le manque de personnel, la difficulté à tenir le rythme des changements énormes que la Chine est en train de vivre. Mais ce fut pour moi une agréable surprise de voir des membres de la communauté officielle manifester une grande affection pour le pape et un grand amour pour l'Église universelle.
Q. Lors de votre voyage en Chine, qu'est-ce qui vous a le plus frappé dans la vie concrète de l'Église?
R. La situation des religieuses. D'abord parce qu'on ne parle presque jamais d'elles alors qu'elles sont une présence certes discrète et humble, mais vivante. Elles ne mettent l'habit que pour les fonctions religieuses solennelles. En général, elles portent des vêtements communs, simples : on pourrait les prendre pour des femmes du lieu. Les religieuses en Chine ne peuvent appartenir à aucun ordre ou congrégation internationale : elles sont toutes rattachées à une institution diocésaine et dépendent de l'évêque du lieu. Un grand nombre d'entre elles sont jeunes, possèdent une grande foi mais bénéficient souvent d'une formation inadéquate, d'un soutien spirituel à courant alternatif.
Q. Quel est l'aspect le plus problématique auquel est
confronté l'Église catholique de Chine aujourd'hui?
R. C'est difficile à dire. L'un des points cruciaux est sans aucun doute la formation du clergé et des religieuses. La longue persécution des dernières décennies a entraîné des dégâts énormes : il manque une génération entière d'évêques et de prêtres. Il est facile d'imaginer ce que cela signifie en termes de formation. Ce sera l'un des défis cruciaux pour les nouveaux évêques, jeunes, qui dans l'espace de quelques années prendront les rennes de l'Église chinoise.
Q. La chine est en train de changer à une vitesse impressionnante. L'Église réussit-elle à suivre le rythme des changements, à intercepter les demandes urgentes, à annoncer le Christ aux nouvelles générations?
R. Oui et non. Dans les grandes villes (je pense par exemple à Shanghai et Pékin), il y a suffisamment d'évêques, de prêtres et de laïcs engagés qui ont la préparation nécessaire pour saisir la portée des défis en jeu. Certains ont fait des études à l'étranger. Ils savent se situer par rapport au nouveau contexte. Mais beaucoup d'autres ont du mal à déchiffrer le temps présent car ils n'ont pas les instruments appropriés. Lorsque l'on passe des villes à la campagne par exemple, il suffit de regarder l'iconographie des églises pour saisir l'abîme qui sépare la réalité urbaine des campagnes profondes. La plupart des laïcs chinois vivent dans les régions rurales, mais l'avenir se jouera de plus en plus dans les villes. Le christianisme de l'avenir réussira-t-il à parler aussi aux Chinois en quête de modernité? Au delà des problèmes liés au contexte politique, ceci me semble être le grand défi de l'Église en Chine.
Q. Les données macro-économiques parlent d'une marche triomphale de l'économie chinoise. Mais le développement social est extrêmement déséquilibré et produit des inégalités considérables.
R. Absolument. En parcourant la Chine, ne serait-ce que quelques semaines, comme je l'ai fait, on perçoit cette différence. Aux côtés d'une classe composée de ceux qui ont « percé» et qui se sont parfaitement intégrés dans le circuit économique international, il y a la masse de la population, souvent rurale, qui vit dans la pauvreté, sans assistance adéquate. Les autorités sont conscientes de cette situation : le président Hu Jintao a dit que la croissance économique doit se faire au même rythme que la lutte contre les disparités entre provinces côtières, plus riches et régions de l'intérieur, très pauvres. Le parti communiste chinois est pour cela sur le point de lancer un plan quinquennal pour construire une société « plus harmonieuse et plus stable » : nous verrons bien. Le côté positif et nouveau est que le gouvernement se rend compte qu'il ne réussit pas à garantir un niveau minimum de bien-être à la population, et qu'il laisse par conséquent peu à peu, un champ d'action, limité mais réel, aux ONG. Nous sommes bien loin de la subsidiarité comme nous l'entendons nous, mais il s'agit malgré tout d'un signe positif.
Q. Que peuvent faire les chrétiens?
D'abord, prier. Si c'est Dieu qui fait bouger l'histoire, c'est à Lui qu'il faut demander avec insistance l'aide nécessaire pour nos frères et sœurs chinois. L'Église en Chine se sent d'ailleurs très réconfortée par le fait de savoir que les Églises sœurs ne l'oublient pas. Deuxièmement, il est important de s'intéresser, de connaître : les instruments ne manquent pas, des agences catholiques aux revues spécialisées. A mon avis, la stratégie de base est fondamentale : il faut exprimer le maximum de « sympathie » pour le peuple chinois, sa culture très riche et antique, et en même temps, faire pression sur les autorités afin qu'elles changent ce qui va contre les droits humains. Enfin, je crois qu'il faut également contribuer à soutenir l'Église en Chine sur le plan économique. Ce n'est pas impossible : les canaux existent. Il suffit de se mettre d'accord avec ceux qui (institutions caritatives ou missionnaires) ont les contacts au niveau local.
COURT VOYAGE EN NOUVELLE-ÉCOSSE
En juillet le Père Armand et moi, avons pris quelques jours pour rendre visite à nos amis et collaborateurs de Aide Internationale à l'Enfant à Halifax et Springhill. Il est très important de garder d'excellentes relations avec ce groupe car ils nous aident énormément et de bien des façons au succès de notre programme de parrainage au Guatemala. Nous devons nous assurer qu'ils soient toujours disposés à continuer de nous supporter dans l'éducation de nos enfants de Champerico et de Totonicapan.
VISITE AU SAGUENAY
Avec le Père Armand nous avons consacré une partie de la semaine du 7 novembre à rendre visite à nos amis et collaborateurs au Saguenay. Nous avions la tâche de trouver un responsable pour l'organisation de notre prochaine Journée-Spaghetti à La Baie le 30 avril prochain. Le Seigneur nous a aidés dans cette démarche car nous avons réussi à convaincre Violette et Roméo à assurer la continuité de cet événement annuel. Lauréanne et Égide ont accepté d'organiser le tirage de la peinture. Ce sont des personnes dynamiques et dévouées qui avec leur excellent groupe de bénévoles vont assurer le succès de l'événement.
VOYAGE AU GUATEMALA
DU 12 AU 23 AVRIL 2006
Il reste quelques places de disponible pour compléter le groupe. Communiquez immédiatement avec: Père Armand Gagné, (514) 978-3864. Eugène Sergerie, (514) 365-0381.
La Voix Jésus-Nazaréen, Décembre 2005
Septembre 2005
EN 2OO5, IL RESTE ENCORE 200 MILLIONS D'ESCLAVES DANS LE MONDE
Depuis un demi-siècle, la Déclaration des Droits de l'Homme marque la fin de l'esclavage. Aujourd'hui il semblerait absurde de parler encore d'esclavage, et pourtant ce sont des chiffres des Nations Unies; en ce moment l'on répertorie 200 millions d'esclaves dans
le monde. Au début du 19e siècle ils étaient 15 millions. Un bilan consternant.
Ce sont des hommes contraints de travailler dans les mines chinoises, des femmes du Sud-est asiatique obligées de se prostituer sur les routes et dans les maisons de prostitution de tous les pays occidentaux et industrialisés sans exception. Ce sont des enfants roumains et des nomades vendus par leurs familles aux marchands du sexe et au racket du vol et de la drogue qui agissent en Europe. Des millions d'enfants qui, au Pakistan et en Inde septentrionale sont obligés de travailler dans des conditions inhumaines dans les usines de tapis, d'enfants qui travaillent dans les usines clandestines de la mafia chinoise. Des enfants près de 200,000 kidnappés en Ouganda et au Soudan méridional. Tous les pays et tous les continents ont leurs esclaves du travail, du sexe, de la guerre. Ils sont parmi nous, mais nous faisons semblant de ne pas les voir. Ils sont invisibles...
Selon le Bureau international du travail, près de 30 millions d'enfants seraient obligés de travailler de manière clandestine dans le monde. Les enfants soldats sont près de 200,000. Il y aurait entre cinq et six millions de mineures asiatiques dans les maisons de prostitution du monde entier. Le trafic d'êtres humains est à présent, après la drogue et les armes, la troisième source de financement de la criminalité organisée au niveau mondial avec des «complicités» qui impliquent des agences gouvernementales, des policiers corrompus qui deviennent le moteur de nouvelles formes de recrutement.
Au Soudan où le nord arabe et islamique intégriste mène une guerre sans merci contre le sud, africain, chrétien et animiste, a été et est depuis longtemps un centre de recrutement d'esclaves. Les deux millions de morts au cours de cette guerre oubliée ne sont qu'un aspect de cette tragédie.
Les villages du sud où font irruption les miliciens arabes, appuyés par l'armée régulière, sont détruits, les hommes massacrés tandis que les femmes et les enfants sont emmenés comme esclaves. Certaines personnes comme l'évêque de Rumbek, Mgr Mazzolari, missionnaire combonien et des associations comme « Solidarité Chrétienne ont délivré des milliers d'esclaves, en les rachetant à des marchands arabes, comme cela se faisait au siècle dernier avec saint Daniel Comboni ou l'Ordre espagnol des Trinitaires. Très peu de choses ont changé.
En Afrique, les esclaves des temps modernes
Pour échapper à leur destin, des familles africaines pauvres vendent leurs enfants à des trafiquants qui les font travailler dans des mines, des échoppes ou des maisons de riches à des salaires de misère.
Combien d'enfants ouest-africains sont-ils ainsi exploités soit dans leur propre pays, soit à l'étranger? Au Nigéria, en mars 2005, la police a saisi deux camions où se trouvaient 67 enfants nigérians et 52 enfants togolais, qu'on amenait à Lagos. Au Burkina Faso, en mai 2004, la police a libéré une trentaine de mineurs âgés de 8 à 17 ans. Au Togo, en 1997, environ 800 jeunes de 12 à 15 ans destinés au trafic ont été libérés.
Des milliers, voir des dizaines de milliers d'enfants ouest-africains quittent chaque année leur pays pour travailler à l'étranger. Cela ne devrait pas surprendre, puisque des millions d'enfants - tous ceux qui ne vont pas à l'école - travaillent. En milieu rural, la tradition veut même qu'ils commencent dès l'âge de six ans. Une famille habitant la campagne, par exemple, peut confier un de ses fils à des parents, même éloignés, pour lui permettre d'aller à l'école ou apprendre un métier. En contrepartie, on demande au garçon "de petits services" pour lui inculquer le sens de l'effort. Le "confiage" des enfants sert de plus en plus souvent de prétexte à un véritable trafic, le plus honteux qui soit. Les "tantines" que les fillettes connaissent plus ou moins emmènent celles-ci par bateau chez leur futur employeur. Le coût du voyage, 610. $ . La somme, colossale, est retenue sur les gages de l'enfant, qui doit travailler pendant des mois, voire des années, avant de rembourser cette dette. Dans des cas extrêmes, ce trafic a même débouché sur de véritables actes de vente, comme au temps des négriers. S'agit-il d'une traite semblable à celle de jadis? Un enfant "trafiqué", comme on dit là-bas, est-il un enfant esclave?
Les enfants sont souvent les premiers à vouloir quitter leur village. Les jeunes filles veulent travailler comme bonnes, pour pouvoir s'offrir un trousseau de mariage; les garçons pour pouvoir s'offrir une radio ou un vélo. C'est culturel, économique et même psychologique. S'ils ne partent pas, les gens vont se moquer d'eux.
Pour des parents frappés par la crise économique, la sécheresse ou la guerre, placer un enfant est une stratégie de survie: on le confie même à un parfait étranger pour avoir une bouche de moins à nourrir. Celui ou celle qu'on envoie au loin finira peut-être, espère-t-on, par se bâtir un avenir convenable.
En référant à toutes ces études, faites par des organismes internationaux, nous devons conclure que pour ces enfants avoir l'avantage de fréquenter régulièrement l'école est la solution pour mettre fin à ce marché terrible.
À la Fondation, nous faisons beaucoup d'effort pour permettre à un plus grand nombre possible d'enfants d'aller à l'école. Même au Guatemala, des familles pauvres sont contraintes à forcer leurs enfants à s'absenter de l'école pour aider aux travaux de la ferme, pour vendre sur le coin de la rue afin d'apporter un peu d'argent pour acheter de la nourriture. En plus de payer les frais scolaires de l'enfant, nous devons inclure une aide à la famille. Nous travaillons aussi au Vietnam afin que des centaines d'enfants reçoivent une éducation de base qui leur permettra de demeurer dans leur village. Depuis peu nous aidons un groupe d'enfants au Togo à trouver une famille d'accueil pour qu'ils soient nourris, vêtus et qu'ils fréquentent régulièrement l'école.
RENCONTRE DU 28 MAI
Organisée par le Père Armand et quelques bénévoles, cette fête des retrouvailles a donné l'occasion à plusieurs bénévoles de se rencontrer, de se rappeler de merveilleux souvenirs, de parler des journées-spaghetti, des voyages au Guatemala et de bien d'autres activités.
C'est au Parc Angrignon à Montréal qu'a eu lieu ce rassemblement. Le matin, la température était très incertaine, mais au milieu de l'avant-midi, le soleil est apparu dans toute sa splendeur ce qui a permis à plusieurs d'y aller de son histoire, de son anecdote, de son souvenir. Vers midi, ce fut le temps de pique-niquer en plein air favorisant les rencontres, les discussions en petits groupes.
Une cinquantaine de personnes ont répondu à notre invitation et n'ont pas regretté les quelques heures que nous avons passé ensemble. Elles sont venues d'aussi loin que de Drummondville, Granby, etc. C'était la première fois qu'une telle rencontre était organisée et ce n'est certainement pas la dernière.
Merci à tous les participants.
Père Armand Gagné, Eugène Sergerie.
JOURNÉE MISSIONNAIRE CHAMPÊTRE de Pointe-du-Lac
Dimanche le 28 août, Nicole et son groupe de bénévoles ont organisé une journée d'informations sur les projets de la Fondation (FAPAG) au Guatemala, tout en soulignant, en même temps le 3O' anniversaire de la mission de Champerico.
Tous les participants se sont réunis au gymnase des Frères de l'Institution chrétienne pour le dîner qui fut suivi de différentes présentations concernant les projets du Guatemala.
Gladis, une réfugiée guatémaltèque, vivant avec sa famille à Trois-Rivières, nous a décrit la situation présente au Guatemala, la grande pauvreté et la corruption politique.
J'ai exposé les différents projets supportés par la Fondation (FAPAG) au Guatemala; tels l'Hôpital pour enfants malades à Champerico et le parrainage d'enfants et d'étudiants à Totonicapan et à Champerico.
II y avait aussi une présentation de photos, de peintures et de souvenirs sur les activités au Guatemala agrémenté par des chants, danses et une "Pinata" pour les jeunes.
À 16h, une messe solennelle fut célébrée par le Père Armand et l'abbé François Doucet curé de la paroisse à la grotte des Frères; un endroit magnifique en pleine nature, bordé d'arbres centenaires.
Ce fut comme l'an passé, une journée bien remplie de rencontres de discussions d'enthousiasme. Merci à Nicole et ses amis pour avoir si bien organisé cette journée.
Ce fut un succès.
Eugène Sergerie
ROULEAUX VIETNAMIENS
Savez-vous comment faire des rouleaux vietnamiens? Une quinzaine de personnes l'ont appris ce vendredi 5 août. En effet, Édith a réuni tous ses bénévoles chez elle à Verdun. C'était notre petit vietnamienne Nguyen Ho "Win" qui dirigeait les opérations. Ce n'était pas facile de les déranger, car c'est avec beaucoup de doigté qu'ils doivent s'acquitter de cette tâche sous étroite surveillance. Ils ont fabriqué plus de 2000 rouleaux qui ont été vendus lors de la vente de garage de Granby.
Félicitations à Édith, Nicole et Win pour cette excellente idée de faire participer ce petit groupe de bénévoles à cette activité collective.
Eugène Sergerie
La Voix Jésus-Nazaréen, Automne 2005
Juin 2005
2005, L'année
de l'eucharistie 2005
Le 26 décembre dernier, Jean-Paul II demandait: En cette "Année de l'Eucharistie", que la famille chrétienne retrouve la lumière et la force pour cheminer unie et grandir en tant qu' Église domestique surtout dans la participation assidue à la célébration eucharistique dominicale. Marie, Reine de la Famille prie pour nous!
De son côte, le pape Benoît XVI veut entraîner l'Église à approfondir encore davantage l'Année de l'Eucharistie. Dans sa première homélie, il a en effet déclaré : De manière extrêmement significative, mon pontificat commence alors que l'Église vit l'Année spéciale consacrée à l'Eucharistie. Comment ne pas voir dans cette coïncidence providentielle un élément qui doit caractériser le ministère auquel je suis appelé? L'Eucharistie, coeur de la vie chrétienne et source de la mission évangélisatrice de l'Église, ne peut que constituer le centre permanent et la source du service qui m'a été confié.
Il insistait tout particulièrement sur le lien entre Eucharistie et service des pauvres : L'Eucharistie rend constamment présent le Christ ressuscité qui continue de se donner à nous, nous appelant à participer au banquet de son Corps et de son Sang C'est de la pleine communion avec Lui que naît tout autre élément de la vie de l'Église, en premier lieu la communion entre tous les fidèles, l'engagement d'annoncer et de témoigner de l'Évangile, l'ardeur de la charité envers tous, spécialement envers les pauvres et les petits.
BENOÎT XVI attendu à Québec en 2008
Avec l'éventuelle visite de Benoît XVI, les Plaines d'Abraham pourraient se transformer en véritable lieu de pèlerinage où plus de 250 000 fidèles se regrouperaient lors du 49e Congrès eucharistique international. L'événement serait présenté dans le cadre des Fêtes du 400e anniversaire de la ville de Québec.
Journée mondiale de la
Jeunesse
Le voyage du pape à Cologne
en
août confirmé
Les manifestations centrales de la XXe JMJ se dérouleront du 16 au 21 août. Du 11 au 15 août, les jeunes sont invités dans toutes les paroisses d'Allemagne.
La XXe JMJ 2005 est un pèlerinage de foi et un événement riche à tout point de vue. Les jeunes invités, âgés de 16 à 30 ans, convergeront de plus de 120 pays vers l'Allemagne. Aux côtés du pape sont attendus plus de 400 000 participants, chiffre qui devrait doubler lors des derniers jours. Ils seront accompagnés par environ 600 évêques et cardinaux ainsi que 4000 journalistes.
Pendant dix jours, l'attention du monde entier sera tournée vers l'Allemagne, la région de Rhénanie-Westphalie et l'agglomération de Cologne.
Le jeudi sera le jour de l'arrivée en Allemagne du Pape Benoît XVI, une grande fête sur les prairies du bord du Rhin à Poll marquera l'accueil du pape. Vendredi sera le jour du chemin de croix, les jeunes pèlerins méditeront les souffrances de Jésus Christ.
Le samedi, tous les participants se retrouveront à Marienfeld (l'ancienne exploitation à ciel ouvert de Frechen), le terrain pour les grandes célébrations finales. La Vigile sera célébrée en soirée, en commun avec le Pape. Les jeunes dormiront ensuite sur place pour célébrer le dimanche matin l'Eucharistie finale avant de quitter Cologne et la XXe JMJ. Quelques minutes avant la fin de ce grand événement, le pape enverra les jeunes en mission à travers le monde entier et lancera une nouvelle invitation.
« Le Seigneur a rappelé à lui le « Père des Journées mondiales de la jeunesse » c'est à nous de poursuivre son initiative », écrit un jeune.
Trois jours durant et dans plus de 400 lieux à travers le diocèse, des catéchèses et des discussions seront proposées. Le festival de la jeunesse donnera lieu à de nombreux spectacles, des danses et des musiques du monde entier sur des tribunes érigées à Düsseldorf, Bonn et Cologne. Un hommage à Jean-Paul II est prévu pour cette XXe JMJ.
Mars 2005

Les quatre grands défis de l'humanité, selon le pape.
La vie, le pain, la paix, la liberté
Discours aux membres du Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège
Le Saint-Père les a exposés dans une longue analyse qu'il a présentée ce matin, 10 janvier 2005 lors de sa traditionnelle rencontre de début d'année avec les ambassadeurs des 174 pays qui maintiennent de pleines relations avec le Saint-Siège, et avec les représentants de l'Union européenne, de la Russie, de l'Organisation pour la Libération de la Palestine et de l'Ordre de Malte.
Vie et famille
" Le premier défi est le défi de la vie ", a déclaré le pape, avant d'ajouter que "l'État a pour tâche primordiale la protection et la promotion de la vie humaine ".
Jean-Paul II a expliqué que le défi de la vie, de plus en plus crucial, il en est venu à se centrer particulièrement sur le commencement de la vie humaine, au moment où l'homme est le plus faible et où il doit être le mieux protégé.
" Soutenue par la raison et par la science, la position de l'Église est claire: l'embryon humain est un sujet identique à l'enfant qui va naître et à celui qui est né, issu de cet embryon ", a-t-il poursuivi.
"C'est pourquoi rien de ce qui en viole l'intégrité et la dignité ne peut être admissible sur le plan éthique. De même, une recherche scientifique qui réduit l'embryon à un objet de laboratoire n'est pas digne de l'homme ", a déclaré le pape.
" Certes, la recherche scientifique dans le domaine génétique doit être encouragée et promue, mais, comme toute autre activité humaine, elle ne peut jamais se passer des impératifs moraux; elle peut d'ailleurs se poursuivre dans le domaine des cellules souches adultes, avec des perspectives prometteuses de succès ", a-t-il affirmé.
"Dans le même temps, a-t-il expliqué, le défi de la vie se manifeste dans ce qui est précisément le sanctuaire de la vie: la famille ".
" Elle est aujourd'hui souvent menacée par des facteurs sociaux et culturels qui, en faisant pression sur elle, en rendent la stabilité difficile; mais, dans certains pays, la famille est aussi menacée par une législation qui porte atteinte - parfois même directement - à sa structure naturelle, qui est et qui ne peut être qu'une union entre un homme et une femme, fondée sur le mariage ", a déclaré le pape.
" La famille est la source féconde de la vie, le présupposé primordial et imprescriptible du bonheur individuel des époux, de la formation des enfants et du bien-être social, et même de la prospérité matérielle de la nation; on ne peut donc admettre que la famille soit menacée par des lois dictées par une vision de l'homme restrictive et contre nature. Puisse prévaloir une conception juste, haute et pure de l'amour humain, qui trouve dans la famille son expression vraiment fondamentale et exemplaire ", a-t-il déclaré.
Le pain
Le deuxième défi exposé par Jean-Paul II est celui du " pain ".
Des centaines de millions d'êtres humains souffrent gravement de malnutrition, et, chaque année, des millions d'enfants meurent à cause de la faim ou de ses conséquences ", a souligné le pape.
Le Saint Père a reconnu que de nombreuses initiatives ont été lancées pour vaincre la faim dans le monde, mais il estime que " cela ne suffit pas ".
" Pour répondre à cette nécessité dont l'ampleur et l'urgence ne font que croître, une forte mobilisation morale de l'opinion publique et plus encore des responsables politiques s'impose, surtout dans les pays qui ont atteint un niveau de vie satisfaisant et prospère ", a-t-il expliqué.
" Je voudrais sur ce point rappeler un grand principe de l'Enseignement social de l'Eglise (...): le principe de la destination universelle des biens de la terre. C'est un principe qui ne justifie assurément pas des formes collectivistes de politique économique, mais qui doit motiver un engagement radical pour la justice et un effort de solidarité plus attentif et plus déterminé. Tel est le bien qui pourra vaincre le mal de la faim et de la pauvreté injuste ", a précisé le Saint Père.
La paix
Le troisième défi est celui de la paix.
" Combien de guerres et de conflits armés y a-t-il encore, s'est exclamé le pape. D'une extrémité du globe à l'autre, ils font d'innombrables victimes innocentes et ils sont source de tant d'autres maux ".
" À ces maux tragiques s'ajoute le phénomène cruel et inhumain du terrorisme, fléau qui a atteint une dimension planétaire inconnue des générations précédentes ", a-t-il déclaré.
" Comme mes prédécesseurs, je suis moi-même intervenu publiquement à de nombreuses reprises, en particulier par le message annuel pour la Journée mondiale de la Paix, mais aussi par la diplomatie du Saint-Siège, a-t-il poursuivi.
" Je continuerai à le faire, pour indiquer les chemins de la paix et pour inviter à les parcourir avec courage et patience: à la volonté de puissance on doit opposer la raison, à affrontement par la force la confrontation par le dialogue, aux armes pointées la main tendue: au mal le bien ", a affirmé le pape.
Mais pour faire advenir une paix véritable et durable sur notre planète ensanglantée, a expliqué Jean-Paul II, une force de paix qui ne recule devant aucune difficulté est nécessaire.
C'est une force que l'homme ne peut de lui-même ni obtenir ni conserver: c'est un don de Dieu. (...) Dieu aime l'homme; il veut polir lui la paix. Nous sommes invités à en être des instruments actifs, en faisant vaincre le mal par le bien ".
La liberté, en particulier la liberté religieuse
Pour terminer le pape a mentionné le défi de la liberté, en particulier de la liberté religieuse.
" Au plus intime de la liberté humaine se trouve le droit à la liberté religieuse, parce qu'elle touche à la relation la plus essentielle de l'homme: la relation avec Dieu ", a expliqué le pape.
" On ne doit pas craindre que la juste liberté religieuse limite les autres libertés ou nuise aux relations au sein de la société, a-t-il poursuivi. Bien au contraire, grâce à la liberté religieuse, se développe et s'épanouit toute autre liberté: parce que la liberté est un bien indivisible, qui appartient en propre à la personne humaine et à sa dignité ".
" On ne craint pas non plus que la liberté religieuse une fois reconnue à l'Eglise catholique, empiète sur le champ de la liberté politique et des compétences spécifiques de l'État; l'Eglise sait bien distinguer, comme il est de son devoir, ce qui est à César et ce qui est à Dieu; elle coopère activement au bien commun de la société, parce qu'elle réprouve le mensonge et éduque à la vérité, condamne la haine et le mépris, et invite à la fraternité; elle promet partout et toujours, comme cela est facile à reconnaître à partir de l'histoire, les oeuvres de charité, les sciences et les arts. La vraie liberté est toujours pour vaincre le mal par le bien ", a expliqué Jean-Paul II.