Éditoriaux 2004


Décembre 2004


Cher(ère)s lecteur(trice)s, bienfaiteur(trice)s,
Dans toutes les religions ceux qui ont le plus hâte de voir arriver les fêtes, ce sont les enfants. Nous sommes privilégiés, nous catholiques, de pouvoir souligner la grande fête de NOËL, c.-à.-d. "la naissance de Jésus". Même si la fête est commercialisée, nous nous devons de passer notre message aux enfants. Leur enthousiasme à participer à la célébration de la fête de NOËL nous apporte une joie sans fin, car ils ravivent notre esprit d'adulte. Jésus a donné en exemple la simplicité de l'enfant, sa confiance, sa docilité, sa joie de vivre, sa spontanéité, son émerveillement.
Il est vrai que dans certaines parties du monde, l'enfant a bénéficié du progrès dans le respect des droits de l'homme, mais, il continue de souffrir de divers maux. Beaucoup trop d'enfants sont astreints à des travaux pénibles qui compromettent leur développement physique et psychologique, les empêchent de fréquenter l'école et de recevoir l'instruction à laquelle ils ont droit. Beaucoup d'autres sont enrôlés ou impliqués dans des guerres ou des conflits de toutes sortes. 11 y a aussi l'augmentation des abus sexuels, la prostitution dont les premières victimes sont les enfants.
Quel mal les enfants ont-ils fait pour mériter de telles souffrances? Il faut se préoccuper du sort des enfants qui seront les adultes de demain. Nous, à la Fondation, nous parrainons des enfants, les envoyons à l'école, les soignons lorsqu'ils sont malades, etc. Ainsi nous sommes certains que ces enfants vont sortir de leurs misères et devenir des adultes responsables. NOËL pour nous les adultes, c'est une occasion de faire de nous des êtres meilleurs. C'est un moment pour se dire qu'il faut continuer de faire des efforts pour surmonter l'obscurité, grâce à la lumière, "Jésus lumière du monde", le mal, grâce au bien, "Jésus source de tout bien". NOËL c'est un retour aux sources JÉSUS-AMOUR-ENFANT.
"Qui accueille un enfant comme celui-là", nous dit Jésus, "c'est moi qu'il accueille". Papa, maman, grand-parents, grand frère, grande soeur, prenons un moment de prière avec les enfants qui vous côtoient devant la crèche et parlez-leur de Jésus. Je vous invite aussi à prier pour nos frères et soeurs de l'Iran, l'Irak, de l'Egypte, de Terre Sainte (juifs et palestiniens) qui souffrent de persécution à cause de Jésus.
Les évêques de France demandent à leurs fidèles de défendre leur liberté.. Vous ne devez pas avoir peur d'exprimer vos convictions, de parler de vos valeurs, d'être les témoins de Jésus, disent les évêques. Je dois vous dire que nous devons faire nôtre cette exigence de liberté et arrêter d'avoir peur. Jésus nous veut libres.

JOYEUX NOËL ET SAINTE ANNÉE 2005


Père Armand Gagné,
trinitaire


Septembre 2004


Cher(ère)s lecteur(trice)s, bienfaiteur(trice)s,

C'est toujours avec beaucoup de plaisir et une profonde reconnaissance que je m'adresse périodiquement à vous dans cet éditorial. C'est par l'intermédiaire de la "Revue" que nous gardons contact et que nous vous informons de la marche de nos différents projets et de nos activités. Nous voulons aussi vous tenir au courant, par la publication de nouvelles inédites, de la persécution religieuse dans le monde. Ce sont nos soeurs et frères qui souffrent pour Jésus et son Église. Je vous invite à lire spécialement "Dossier" en p. 2, qui traite de "La Chine et l'Église catholique" dont nous publions la première partie dans ce numéro. Ces informations sur la vie des catholiques chinois sont très actuelles, en 2004.
À Guadalajara, au Mexique du 10 au 17 octobre, se tiendra un Congrès Eucharistique International qui coïncidera avec le début d'une "Année de l'Eucharistie" pour aider les fidèles, explique le pape Jean-Paul 11, à répondre à l'invitation qui leur a été faite en ce début du troisième millénaire, celle de "repartir du Christ". L'Eucharistie est le centre de notre foi. Il n'y a pas d'Église sans Eucharistie. L'Eucharistie, c'est Jésus avec nous, elle nous unit, elle nous donne des forces; elle donne aux malades la patience et la résignation dans leur épreuve; aux époux l'amour et la fidélité; aux parents envers leurs enfants, la générosité; aux personnes consacrées la persévérance. C'est dans ce monde que doit jaillir de nouveau l'espérance chrétienne. C'est aussi pour cela que le Seigneur a voulu demeurer avec nous dans l'Eucharistie, et ce, par amour.
Depuis quelques mois, nous constatons, avec beaucoup de joie et d'enthousiasme, un renouveau dans notre groupe de bénévoles. En effet depuis que nous invitons des groupes de parrains, de collaborateurs à se joindre à nous, lors de nos voyages au Guatemala, ils ont pu constater personnellement le travail qui se fait là-bas auprès des démunis, les besoins flagrants à combler, la gestion des fonds, etc. Plusieurs se sont impliqués personnellement à nous aider et leurs témoignages en ont même décidé d'autres à se joindre à eux. Dans Charlevoix, nos présidents 2004 de la "Journée-Spaghetti" et un groupe d'anciens présidents ont décidé de venir en aide à la responsable de cet événement et même d'organiser un tirage au niveau provincial. En Mauricie, une jeune dame qui a fait le voyage au Guatemala en avril dernier a formé un comité, impliqué le curé de sa paroisse et sera bientôt prête à débuter les activités pour venir en aide à nos projets au Guatemala principalement le parrainage de 150 nouveaux étudiants à Totonicapan. Un jeune couple d'origine vietnamienne se joint à nous pour nous aider dans notre projet d'alphabétisation des habitants de Cao Binh au Viêt-Nam. Tout cela est merveilleux et nous aurons un automne très intéressant.
Bonne année scolaire à nos étudiants. Profitez de la chance que vous avez de pouvoir fréquenter l'école. C'est un cadeau que vos parents vous donnent. Il y a tellement d'enfants qui aimeraient avoir votre chance.


Père Armand Gagné,
trinitaire
La Voix Jésus-Nazaréen, automne 2004


Juin 2004


Cher(ère)s ami(e)s, bienfaiteur(trice)s, J'arrive avec de bonnes nouvelles du Guatemala. En effet lors de notre dernier voyage, accompagnée de quatorze personnes, nous avons encore une fois été émerveillés par le travail des religieuses "Terciarias Capuchinas" de Champerico et Totonicapan. Grâce à leur dévouement, plus de 450 enfants fréquentent l'école assidûment; plus de 120 enfants sont soignés et leur famille est aidée par le Centre de nutrition chaque année. C'est notre réponse à l'appel des membres de 140 nations, réunis à Florence, (Italie) qui ont approuvé des résolutions condamnant les formes les plus terribles de l'exploitation des enfants dans le monde. Notre réponse est simple mais efficace. Merci, tout cela ne peut que s'accomplir grâce à votre collaboration. Nous avons aussi l'intention de débuter un nouveau projet, qui nous fut présenté par une professeure du Collège Pedro de Bethancourt de Totonicapan. Ce projet consiste à donner une formation scolaire et domestique aux mères de famille de la région de Totonicapan: leur enseigner à lire, à écrire, à tisser, à coudre, à cuisiner, etc. Ce projet est d'une durée d'un an.
Notre projet du Viêt-Nam va de l'avant! Même si nous n'avons pu nous y rendre au début de l'année, le projet de Cao Binh est en marche grâce au dévouement du Père Vincent et de la population locale. Incroyable! Le "bateau-alpha" est terminé et sert déjà de couvent pour les religieuses la nuit, et d'école pour les 30 élèves le jour. Aucun enfant ne fréquentait l'école auparavant, mais déjà plus de 60 élèves se sont inscrits pour l'école primaire en septembre. Quel beau projet! Si possible, nous comptons sur vous!
Je continue à m'intéresser à nos sœurs et frères persécutés à cause de leur fidélité à Jésus. Le Saint Père nous invite à ne pas oublier tous ceux et celles qui ont donné leur vie à Jésus. Où en suis-je dans ma foi? Quelle place Dieu occupe-t-il dans ma vie? Lors de notre voyage, une personne du groupe a demandé: "combien y-a-il de suicide au Guatemala?" Aucun, répondit son interlocutrice... Est-ce- possible? La semaine dernière, cinq personnes autour de moi se sont enlevées la vie en deux jours. Que se passe-t-il dans notre Québec? Pour vous aider à trouver une réponse, je vous invite à prier. À tous les jeunes qui vont bientôt terminer l'année scolaire: "bonne vacances"! Plusieurs jeunes font des expériences de vie en séjournant durant quelques semaines ou quelques mois dans des pays en développement. Continuez à le faire, faites-en un de vos projets, ce sont des expériences de vie uniques et bénéfiques.
On a besoin de vous! Bonnes vacances à tous!



Père Armand Gagné,
trinitaire
La voix de Jésus Nazaréen, mars 2004


Mars 2004


Cher(ère)s lecteur(trice)s, bienfaiteur(trice)s,
À l'approche de la fête de Pâques, la Résurrection de Jésus, Prince de la Lumière, je désire faire avec vous un examen de conscience sur notre désir de paix, de dialogue et de justice. Le monde est en attente de paix et de justice. Pas de paix sans justice nous répète le Saint-Père.
Est-ce que les voix et les plaintes, parfois silencieuses, de millions de pauvres sans nourriture, ni médicaments, ni sécurité, ni liberté, et même sans terre, sans eau, et surtout privés de leurs droits humains fondamentaux ont un écho dans notre cœur? Est-ce que je suis préoccupé par ces guerres oubliées, ces victimes de la terreur et de la peur de la violence? Est-ce que les demandes des prisonniers qui n'ont connu, depuis leur enfance, que la violence et la guerre, me rejoignent?
La paix est un don de Dieu. Dieu parle de paix. Jésus est venu nous apporter l'Amour qui n'a d'autre nom que Paix. Il faut devenir meilleur, il faut réaliser la paix en nous d'abord. La paix est un don à rechercher au fond de son cœur. Il est impossible d'avoir un engagement pour la paix dans le monde si je n'ai pas la paix dans mon cœur.
Qu'est-ce que je peux faire pour construire la paix... construire un dialogue! Le monde semble préférer l'affrontement au dialogue. On entend d'un peu partout des voix qui disent qu'il n'est pas possible de vivre les uns à côté des autres (Palestiniens-Juifs); que les blessures et les torts subis sont trop grands pour une réconciliation!
Mais nous, où en sommes nous? Commençons avec les gens qui sont près de nous. Je rencontre régulièrement des personnes dont le cœur est fermé à toutes discussions. Le dialogue est un art à cultiver surtout pour ceux qui ont plus de force et de pouvoir dans le monde. Dialoguer n'affaiblit personne au contraire, il incite chaque femme et chaque homme à voir le meilleur de l'autre. Le dialogue dissipe, avec le temps, les raisons de l'incompréhension et fait perdre du terrain à l'injustice qui inspire le ressentiment et la violence.
À nous qui croyons en Dieu: plus de haine, plus de violence, plus de tuerie, plus de terreur, mais de l'AMOUR, de la PAIX, de la JUSTICE car ce Jésus Ressuscité, est: AMOUR, et PAIX.
Je vous bénis,



Père Armand Gagné,
trinitaire
La voix de Jésus Nazaréen, mars 2004





Nouvelles 2004


Décembre 2004


La Chine et l'Église Catholique:
le pays change mais le régime change-t-il ?

Texte du R.Gianni Criveller, de l'Institut pontifical des Missions étrangères Nous publions dans ce numéro la dernière partie de cet article.


La crise chez les jeunes prêtres
Quelques jeunes prêtres résistent au harcèlement auquel ils sont soumis. Ils nous offrent un splendide exemple à tous. Mais d'autres succombent à la pression, et nous avons ainsi un nombre élevé de prêtres qui quittent le sacerdoce.
La crise des vocations est générale-ment une des premières conséquences de la sécularisation. Je soupçonne que la crise des vocations a déjà commencé aussi en Chine. Quelques-uns des grands séminaires récemment construits ou restaurés seront bientôt des places vacantes.
L'Église de Chine a un problème supplémentaire à affronter : elle n'a pas de réelle liberté de formation, d'activité pastorale, ni de croissance spirituelle. La pression politique à laquelle sont soumis les évêques, les prêtres et les religieuses empêchent ces derniers de traiter correctement et sereinement les défis d'une société en transformation rapide.

Les communautés du silence
Les communautés du silence, qui souffrent encore maintenant, sont un grand espoir pour l'Église de Chine. Elles ne s'opposent pas au gouvernement simplement pour le plaisir. Elles veulent simplement vivre leur foi dans toute son intégrité.
L'Église catholique de Chine ne pourra jamais devenir indépendante. L'Église du silence a poussé les membres de l'Église officielle à comprendre la nécessité de rechercher l'accord de Rome pour obtenir le respect des fidèles.
On doit porter au crédit de l'Église du silence d'avoir empêché l'Église " officielle " de succomber à la pression du régime et de prendre ses distances avec le Pape et l'Église universelle.
La plus grande préoccupation des dirigeants du régime étant la stabilité, tout ce qui n'est pas sous leur contrôle doit être proprement et simplement sup-primé. Des nouvelles venant de l'intérieur du pays nous ont fait part de nombreux exemples de harcèlements, de violences, d'arrestations, de disparitions et de détentions de fidèles, de religieuses, de prêtres et d'évêques de l'Église du silence.
Les méthodes de répression utilisées par les autorités pour supprimer ce monde du silence peuvent obtenir des résultats à court terme. Mais elles sont condamnées à l'échec, comme l'ont prouvé cinquante années de résistance. La question posée par l'Église du silence est sérieuse et légitime. Sa voix doit être entendue plutôt que supprimée.

La réconciliation : une priorité
La plupart des membres du clergé et des fidèles des deux communautés sont des témoins de leur foi, d'une façon qui commande notre respect. Nous devons toujours éviter des jugements qui simplifieraient une réalité complexe et décriraient en les déformant des options légitimes différentes.
Nous aimerions beaucoup voir les membres des deux communautés travailler ensemble à leur réconciliation et à leur unité, ce en quoi ils répondraient aux voeux du Saint-Père. Ceux qui dans les deux communautés travaillent dans cette voie montrent réellement une âme catholique. Ceux qui perpétuent ou même aggravent la division et les conflits manquent d'un es-prit réellement catholique.
Si la division et les conflits ne trou-vent pas de solution, ce n'est pas dû au manque de bonne volonté de la part des responsables religieux catholiques.

Les relations entre le Saint-Siège et Pékin
Le message papal au peuple chinois du 24 octobre 2001 (DC 2002, n. 2262, p. 55-58) est un document extraordinaire dans lequel le Pape reconnaît que les chrétiens en Chine ont fait des erreurs et créé des incompréhensions et des injustices. Le regret qu'il y manifeste et le pardon qu'il en demande doivent être compris comme un geste extraordinaire de générosité et d'affection, un pas vers une future collaboration et vers l'amitié.
En réponse, les autorités chinoises ont répété leurs deux mêmes préalables : la rupture avec la République chinoise de Taiwan et la non-ingérence dans les affaires intérieures de la Chine.
La question de Taiwan n'est pas réellement un problème, et le gouvernement chinois le sait. Ce n'est pas le Saint-Siège qui a choisi de quitter la Chine après l'arrivée du communisme.
La mission du Pape est religieuse. En fait, l'activité diplomatique du Saint-Siège est seulement fonction de la paix et de la mission pastorale de l'Église. C'est la raison pour laquelle l'Église ne peut pas, ainsi, accepter les préalables imposés par Pékin. Quand le gouvernement chinois acceptera d'accorder à l'Église ces droits si longtemps attendus, le différend diplomatique sera réglé.

La nomination des évêques
Le second préalable, à savoir, la non-ingérence dans les affaires intérieures chinoises, se rapporte, avant tout, à la nomination des évêques. Pour l'Église catholique, c'est une question primordiale de liberté et d'autonomie. L'Église jouit de ce droit partout dans le monde. Puisqu'il est évident que les évêques sont des personnalités religieuses et non des personnalités politiques, leur nomination relève du Pape et non du gouvernement. Cependant, un évêque est une autorité importante dans la société civile. D'où le souhait du Saint-Siège d'accepter des concessions raisonnables et légitimes, ce qu'il a fait dans d'autres pays, comme par exemple à Cuba et au Vietnam. La balle est donc dans le camp du gouvernement chinois.

L'activisme diplomatique du Vatican
Certains ont pu croire que le message papal au peuple chinois d'octobre 2001 pourrait ouvrir la voie à un accord historique. Ces espoirs ont été déçus. Les démarches diplomatiques peuvent se révéler nécessaires, mais elles ne sont certainement pas essentielles à la mission de l'Église, qui est avant tout religieuse et spirituelle. Il n'y aura pas d'avancée notable tant que le pays et le pouvoir politique n'auront pas changé. Il nous faut soutenir sur le plan pastoral et spirituel les évêques, les prêtres, les religieuses, les séminaristes et les fidèles, dans cette période délicate où le leadership passe de l'ancienne à la nouvelle génération. Par-dessus tout, nous devons aider l'Église chinoise à faire face aux défis insidieux de la modernisation et de la sécularisation.

Septembre 2004



LA CHINE ET L'ÉGLISE CATHOLIQUE
Le pays change mais le régime change-t-il?

Texte du P. Gianni Criveller, de l'Institut pontifical des Missions étrangères
Le P. Gianni Criveller, théologien et chercheur, nous donne une analyse de l'évolution de l'Église catholique en Chine et de la société chinoise depuis vingt ans. Selon lui, l'Église en Chiné continentale est, à terme, plus menacée par la sécularisation et la modernisation de la société que par le contrôle exercé par le Parti communiste.

Vingt ans de politique religieuse
En 1982, il y a vingt ans, les autorités chinoises, sous la direction de Deng Xiaoping, ont publié deux des plus importants documents sur la politique religieuse de la Chine. Depuis ces deux dates, il y a eu peu, sinon pratiquement aucun pro-grès réalisé dans ce domaine.
La Chine a considérablement changé durant ces dernières années. Les changements économiques, culturels et sociaux sont connus de tous, mais ils n'ont pas été sans entraîner d'effets contraires, qui sont généralement oubliés. Beaucoup de Chinois souffrent du chômage, du manque de sécurité à leur poste de travail, de l'urbanisation effrénée, du fossé grandissant entre les riches et les pauvres, de la disparité économique et sociale croissante dans de nombreuses régions du pays, des déficiences et des abus dans le système de soins, d'enseignement et de justice (y compris un taux anormal de condamnations à mort), d'une corruption généralisée et des abus de pouvoir, d'une grave pollution, de la bombe à retardement qu'est le sida et maintenant du SRAS (pneumopathie atypique). Malgré cela, la Chine n'a pas accompli de progrès significatifs dans le domaine des réformes politiques, ni dans celui des droits de l'homme : il n'y a pas jusqu'à présent de liberté d'expression, ni d'association, de même qu'il n'existe pas d'opinion publique.
En particulier, il y a peu d'amélioration en ce qui concerne la liberté religieuse. Je soutiendrais volontiers que l'absence d'amélioration sur une période de vingt ans est, en fait, dans un monde en changement, une régression. Au cours de ces vingt dernières années, le contrôle du régime sur la religion, et, en particulier, sur l'Église catholique a fluctué entre des périodes de relâchement et des périodes de resserrement. L'alternance de ces périodes est toujours liée aux luttes internes de pouvoir. L'objectif primordial du régime demeure le contrôle total et la soumission.

La liberté de croyance en Chine
La politique religieuse de l'ère de Deng Xiaoping n'accorde aucune valeur à la religion. A l'égard de la religion, le gouvernement a fait une concession simplement après avoir compris qu'il avait échoué dans sa tentative de suppression de la religion par la force. Il est évident, selon la Constitution, que la religion disparaîtra naturellement lorsque le peuple sera suffisamment instruit et comprendra les secrets de la science. Il est donc inutile de l'éliminer par la force, comme cela a été tenté lors de la Révolution culturelle.
En d'autres termes, le gouvernement ne voit pas la religion comme un élément positif dans la société, mais comme quel-que chose qu'il faut tolérer et contrôler.
De la persécution à la discrimination ouverte et à la persécution cachée La persécution religieuse a considérablement diminué depuis les réformes de Deng Xiaoping (1382). Il y a moins de persécution ouverte aujourd'hui, mais une très grande discrimination demeure. S'il y a bien une politique religieuse unique, il y a deux niveaux d'application : " sur la table " et " sous la table D. Le niveau " sur la table " s'adresse au grand public et proclame la liberté religieuse, sa protection légale dont le peuple jouit de plein droit et le devoir de la religion de contribuer à la stabilité et au bon ordre de la société. Le niveau " sous la table " évoque les mesures de force à employer pour contraindre les croyants à suivre la politique religieuse du gouvernement.

L'adaptation : un concept-clé de la politique religieuse
" L'adaptation " est un concept central de la politique religieuse actuelle du Parti communiste. Le style et le contenu de cette politique indiquent clairement que les croyants sont considérés comme des citoyens de seconde classe ; ils ont besoin des exhortations et des conseils des dirigeants du Parti ; leurs activités nécessitent un contrôle constant et strict, une correction et une supervision. Les affirmations officielles montrent clairement que les relations entre le Parti communiste chinois, l'État et les organisations religieuses sont celles de dirigeants et de dirigés. Elles ne sont pas, du point de vue politique, différentes des institutions qui se trouvent sous le contrôle direct et la direction du gouvernement. La politique de liberté de croyance est fondée, non sur un concept de valeurs religieuses, mais bien plutôt sur une considération réaliste et pragmatique de l'intérêt de la religion en tant qu'instrument des objectifs politiques du Parti et de I'Etat. L'attitude de base à l'égard du phénomène religieux et chrétien a très peu changé dans les cinquante dernières années : le Parti doit contrôler la religion. Je pense aussi que l'éducation reçue par de nombreux dirigeants (pour les plus vieux d'entre eux, en Union soviétique) exerce une puissante influence négative sur la façon dont ils perçoivent le phénomène religieux. En 2003, il y a eu une aggravation du contrôle sur les activités religieuses, plutôt qu'un relâchement, et la nouvelle stratégie vers une politique de liberté religieuse vise à un contrôle plus sophistiqué, mais encore plus total du Parti sur la religion.

Répondre aux objections du gouvernement
Pour les catholiques, la relation au Pape est affaire de conscience et n'a rien à voir avec une emprise extérieure. L'unité avec le Pape symbolise l'unité avec l'Eglise catholique universelle, qui est un dogme essentiel dans la doctrine catholique. Environ 170 pays dans le monde acceptent l'Église catholique et certains ne sont pas moins communistes ni moins nationalistes que la Chine. La déclaration des lieux de culte, à laquelle s'oppose l'Église du silence, n'est pas un acte administratif de protection ou réglementation des activités religieuses, mais bien plutôt un moyen de contrôle et de limitation des droits de l'Église. Leur demande d'être en communion avec le reste de l'Eglise universelle n'est pas politique, mais raisonnable et légitime.
Tous les instruments de répressions idéologiques et administratifs mis en place dans les années de campagnes politiques anti-religieuses sont toujours présents : l'idéologie du parti unique, l'abus de pouvoir, la corruption, la torture, les détentions illégales et les camps de travail. Le recours à ces mesures extrêmes n'est pas aussi extensif qu'auparavant, mais il n'a pas disparu. Ces abus n'appartiennent pas qu'au passé, ils sont la triste réalité actuelle.

L'Église " officielle "
Où va l'Église " officielle " ? Des nuages obscurcissent son avenir. Les officiels catholiques semblent avoir capitulé devant le régime et ils ne mènent nulle part les catholiques chinois. L'Élise ouverte à des séminaires. Mais eux aussi sont strictement contrôlés. Leur programme comporte des cours d'endoctrinement politique. Ceux qui sont appelés à être ordonnés doivent passer des examens politiques. Nous sommes également très inquiets des nombreux rapports qui nous parviennent sur l'utilisation des dons pour construire ou rénover les églises et les bâtiments. Dans plus d'un cas, on pourrait s'interroger sur le besoin des constructions prévues.
Le rôle de l'Administration d'état des affaires religieuses L'Administration d'État des affaires religieuses (BAR) exerce un rôle particulièrement négatif. Elle met souvent sous une pression effarante de jeunes prêtres pour obtenir des dons de l'extérieur. Des jeunes prêtres sont poussés à présenter à des agences étrangères de vastes projets de rénovation ou de construction de nouvelles églises et de nouveaux séminaires. Ces projets ne reposent sur aucun besoin pastoral et leurs budgets sont trop élevés. Les officiels du BAR n'hésitent pas à leur offrir les tentations de voyages, de divertissements et même de carrières politiques. Dans certains cas, des officiels du BAR sèment la confusion dans l'esprit des meilleurs des prêtres en les forçant à accepter l'ordination à la prêtrise ou à l'épiscopat contre leur volonté.
Les officiels de l'Administration d'État des Affaires religieuses sont considérés comme au bas de l'échelle des officiels du gouvernement. Ils manquent souvent d'une éducation élémentaire et ont de faibles chances de faire carrière. Pour eux, la religion est une forme de connaissance inférieure, sans fondement scientifique, et le christianisme n'est qu'une autre forme de religion étrangère et impérialiste. Ces officiels ont à décider de tout ce qui touche à la vie de tous les jours des évêques, des religieuses, des prêtres, des séminaristes et des fidèles.
Un universitaire important de Pékin, travaillant sur les problèmes religieux, m'a dit qu'il avait expliqué aux officiels du BAR qu'un Etat moderne n'a pas besoin de BAR, à leur grand désappointement. En fait, jusqu'à ce que le gouvernement décide où réaffecter les milliers de personnes travaillant au BAR, il n'y a aucun espoir d'amélioration de la liberté religieuse en Chine.
La Voix Jésus-Nazaréen, automne 2004


Juin 2004



Congrès mondial sur l'exploitation des enfants


En effet, du 12 au 17 mai 2004 à Florence en Italie se sont réuni des représentants de 140 nations qui ont signé en 1998 au Brésil une résolution condamnant les formes les plus terribles de l'exploitation des enfants. Quand les représentants des Nations ont débuté leur rencontre, ils ont de nouveau constaté que les problèmes sont communs dans différentes parties du monde.
Des jeunes ont témoigné de leurs expériences personnelles dont ils ont été victimes: exploitations sexuelles, pornographie, trafique de drogue, vente dans les rues, forcés de trouver leur nourriture dans les poubelles et les dépotoirs, forcés de travailler dans les champs, dans les mines, dans les fabriques comme esclaves, forcés de travailler comme aide dans les constructions et les démolitions souvent sans rémunération. Dans certains pays les enfants sont forcés de prendre les armes, dans d'autres les enfants doivent travailler à payer les dettes de leurs parents.
Vous constatez vous-même que ces différentes exploitations privent les enfants d'aller à l'école, les privent également d'instruction primaire et d'éducation. Depuis plusieurs années, au Guatemala et au Viêt-Nam nous de la Fondation avons fait des efforts énormes pour donner l'opportunité aux enfants de fréquenter l'école, de recevoir par les religieuses une éducation qui leur permettra de vivre une vie digne. Nous avons aussi développé les rencontres avec les parents de ces enfants pour leur donner une formation dans l'hygiène, l'alimentation, les responsabiliser en tant que parents. Nous pouvons vous dire que nous constatons déjà les résultats.
Voici maintenant quelques résolutions prises par les représentants de ces différents pays:
1. Pendant que les gouvernements investissent des sommes énormes pour les armes, pour la guerre, il y a des millions d'enfants qui ne savent ni lire, ni écrire. Ils n'ont même pas une maison pour s'abriter, ni de nourriture suffisamment.
2. Les gouvernements doivent tout faire pour éliminer le trafique des enfants.
3. Les gouvernements doivent garantir l'instruction obligatoire de bonne qualité et gratuite.
4. Nous demandons aux parents de prendre leurs responsabilités. Les enfants ont besoin d'amour, de respect et de dignité. Ils doivent prendre la défense de leurs enfants et les protéger.
5. Nous croyons qu'il est important de développer les arts, la musique, les danses, les récitations pour permettre à l'enfant de s'exprimer.
6. Nous promettons de tout faire pour éliminer le travail des enfants pour qu'ils vivent dans un monde meilleur.
Quant à nous, nous allons continuer et redoubler d'efforts pour permettre à un plus grand nombre d'enfants de fréquenter l'école, en les parrainant; nous allons donner encore plus de formation aux parents; hygiène, préparation d'aliments, formation morale et humaine. Nous insistons beaucoup depuis quelques années sur le suivi des enfants et des parents. Nous devons vous dire que les résultats sont extraordinaires.
Comme concluent les représentants des nations présentes au Congrès, nous nous engageons TOUJOURS AVEC VOTRE COLLABORATION, à réaliser ces objectifs.
Père Armand Gagné, trinitaire


Mars 2004


"Celui qui accueillera un enfant comme celui-ci en mon nom, c'est moi qu'il accueille" Mt 18,5.

C'est emballant de lire le message du Pape à l'occasion du Carême. II parle avec amour et courage de la condition des enfants du monde. Moi, c'est par mon expérience missionnaire que j'ai découvert la souffrance des enfants mal-nourris, non scolarisés, manquant de l'essentiel. "Jésus aimait les enfants et avait une prédilection pour eux, pour leur simplicité, leur joie de vivre, leur spontanéité et pour leur foi pleine d'émerveillements," écrit le Pape dans son message. C'est providentiel, car la Fondation répond à ces besoins.
C'est au Centre de nutrition de Champérico au Guatemala que les religieuses continuent leur beau travail en accueillant des petits enfants très malades. Tout est gratuit pour eux, car les parents n'ont pas d'argent pour les faire soigner. C'est grâce à vos dons que nous pouvons soutenir cette oeuvre. Que c'est beau de les voir revivre!
J'ai souligné à maintes reprises l'importance pour les enfants d'aller à l'école. Un enfant qui apprend à lire et à écrire sera un adulte de moins dans la misère. Notre programme de parrainage répond à un besoin. J'ai vraiment vu la joie des enfants à qui on a permis d'aller à l'école. Comme ils étaient beaux et souriants lors de la prise de photo pour leurs parrains et marraines! Nous parrainons actuellement plus de 400 enfants. Nous avons besoin de vous.
Il faut partager. Partager, c'est dire merci au Seigneur pour ce que nous avons; partager, c'est être sensible à la misère des autres; partager, c'est s'oublier pour l'autre.
"À côté des enfants, continue le Pape, Jésus place nos frères les plus petits, c'est-à-dire les miséreux, les nécessiteux, les affamés et les assoiffés..." Nous répondons à cette dernière invitation du Pape avec nos projets au Vietnam: forage de puits pour des centaines de familles, construction d'écoles, de bateaux-école et notre tout nouveau projet d'alphabétisation des habitants de Cao Binh ces pêcheurs vivant toute l'année à bord de sarpans (bateaux). Déjà l'école flottante est construite et des dizaines de personnes se sont enregistrées pour les cours commençant en mars. Deux religieuses vont leur apprendre à lire et à écrire.
"Je pense avec une admiration pleine de gratitude, continue le Pape, à ceux et celles qui prennent soin des enfants en difficultés, qui prennent soin de leurs souffrances causées par les conflits, la violence et les nombreuses formes d'injustice qui existent dans le monde".
Nous sommes heureux de continuer ces oeuvres, les membres de la Fondation le font en votre nom et c'est grâce à vous que nous pouvons réaliser ces projets merveilleux.
Joyeuses Pâques!
Père Armand Gagné



UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE

Amnistie Internationale - Le 27 février 2004
Lors du Forum social mondial qui s'est tenu en janvier, en Inde, Amnistie Internationale choisit de s'attaquer à trois obstacles majeurs au respect des droits humains : la violence faite aux femmes, la marginalisation des personnes défavorisées et vulnérables, et l'irresponsabilité des entreprises en matière de droits humains.
Saviez-vous que la violence contre les femmes constitue l'une des formes d'atteinte aux droits humains les plus répandues? Elle demeure aussi, hélas, l'une des plus cachées... Cette violence va au-delà des frontières, des classes sociales, des religions et des cultures. Aux États-Unis, près de 700 000 cas de violence familiale ont été recensés en 2001. Selon la Fédération des femmes du Québec, une femme sur huit serait victime de violence conjugale dans la province.
Pour les femmes, un autre monde est possible si l'on parvient à atténuer cet énorme fossé qui existe entre les sexes en matière de respect des droits humains.
En mai, une vaste campagne sera axée sur la violence faite aux femmes au sein de la famille et dans les situations de conflits armés. Il s'agira de la plus importante mobilisation de votre section cette année. Tant que plus d'un milliard de personnes demeureront défavorisées et vulnérables, il ne pourra y avoir de réel respect des droits humains. Un autre monde est possible à condition de faire tomber cette barrière qui subsiste entre les droits civils et politiques, et les droits économiques, sociaux et culturels.
Aussi longtemps que le droit au travail sera refusé aux Palestiniens dans les Territoires occupés; que le droit à des soins de santé adéquats sera négligé pour les victimes du VIH/sida en Afrique oriental et australe; que le droit à la nourriture sera ignoré pour les habitants de la Corée du Nord, frappé parla famine, nous ne pourrons prétendre à une société juste et équitable pour tous. Enfin, nous avons besoin de votre soutien cette année pour lutter contre un dernier obstacle : cette idée fausse, quoique fort répandue, que les droits humains soient exclusivement du ressort des États. Vous et moi sommes pourtant régulièrement témoins d'actes commis par des entreprises, des groupes d'opposition armés et des acteurs non gouvernementaux qui portent atteintes aux droits humains!
Dites-vous bien qu'un autre monde sera possible lorsque tous respecteront les droits humains et seront tenus responsables de leurs actes.
Nous sommes convaincus qu'un autre monde est possible, a condition de respecter les droits fondamentaux de tous et de toutes. Un autre monde sera possible..si nous persistons à le bâtir ensemble.


Haïti: Jean-Paul II invite les décideurs au "courage" et à "l'humilité"

Au moment où le pape Jean-Paul II invite les décideurs à faire preuve de "courage" et d'humilité" pour le "bien du pays" en Haïti, la nouvelle parvient du retrait du président Jean-Bertrand Aristide.
"Des nouvelles préoccupantes et douloureuses nous parviennent d'Haïti", disait le pape après la prière de l'angélus de ce dimanche à midi, depuis la place Saint-Pierre, devant des milliers de fidèles, souvent des jeunes et des familles. Le soleil resplendissait sur la place après une nuit d'orage sur Rome.
"Face à de telles situations, continuait le pape, je ressens de mon devoir d'inviter les Haïtiens à avoir le courage et l'humilité de prendre les décisions qui s'imposent pour le bien du pays".
Le pape encourageait "le travail diplomatique de la Communauté internationale" et invitait les "organisations humanitaires" à un "engagement généreux". Il concluait en adressant une "bénédiction spéciale au bien aimé peuple haïtien".


La Voix Jésus-Nazaréen, mars 2004